Le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, a appelé vendredi à une mobilisation accrue des financements publics et privés pour répondre au déficit mondial d’emplois et soutenir la croissance des pays en développement, lors de la séance plénière des Assemblées annuelles 2026 du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, tenue à Bangkok, en Thaïlande.
Intervenant dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, l’alourdissement de la dette et le resserrement des marges budgétaires, Ajay Banga a souligné la nécessité de repenser les mécanismes de financement du développement afin de permettre aux pays de créer des emplois à grande échelle.
Selon les projections présentées lors de son allocution, 1,2 milliard de jeunes devraient arriver sur le marché du travail au cours des 10 à 15 prochaines années, alors que l’économie mondiale ne devrait offrir qu’environ 400 millions d’emplois. Cet écart potentiel de 800 millions d’emplois constitue, selon lui, un défi majeur pour la stabilité économique et sociale mondiale.
« Un emploi n’est pas une statistique. Un emploi est une dignité », a affirmé le président de la Banque mondiale, estimant que les décisions prises aujourd’hui détermineront les perspectives économiques de la prochaine génération.
Pour relever ce défi, il a plaidé pour une meilleure complémentarité entre les financements publics, les investissements privés, la philanthropie et les nouvelles technologies. Cette approche doit permettre de mobiliser davantage de ressources en faveur des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture, de la santé et des petites entreprises.
Ajay Banga a également mis en avant les réformes engagées au sein de l’institution depuis son arrivée en juin 2023, notamment la réduction du délai de préparation des projets de 19 à neuf mois et le renforcement de sa capacité de prêt. Le Groupe de la Banque mondiale a par ailleurs mobilisé 112 milliards de dollars de capitaux privés au cours de l’exercice 2026, contre environ 35 milliards de dollars lors de l’exercice 2022. En incluant ses propres financements, le volume total dépassait 230 milliards de dollars.
Malgré cette progression, la mobilisation des investissements privés reste particulièrement difficile dans les pays à faible revenu. Pour y remédier, l’institution entend notamment renforcer le financement des micro, petites et moyennes entreprises, considérées comme un levier essentiel de création d’emplois dans les économies fragiles.
En Afrique, l’initiative Mission 300, conduite avec la Banque africaine de développement et d’autres partenaires, vise à fournir l’accès à l’électricité à 300 millions de personnes d’ici à 2030. Selon Ajay Banga, 59 millions de personnes ont déjà bénéficié de cette initiative.
Le Groupe de la Banque mondiale entend également intensifier ses interventions dans les secteurs de l’eau, de l’agriculture et de la santé, tout en favorisant le développement des corridors économiques et des chaînes de valeur des minerais critiques. L’objectif est de stimuler les investissements productifs, de renforcer les industries locales et de permettre aux pays de conserver une plus grande part de la valeur créée sur leur territoire.
Le président de l’institution a, en outre, souligné le potentiel de l’intelligence artificielle et des technologies numériques pour améliorer la productivité et faciliter l’accès des entreprises au financement et aux marchés.
Il a également évoqué une initiative menée par six banques multilatérales de développement visant à faciliter le transfert de certains investissements vers des investisseurs de long terme, afin de libérer de nouvelles capacités de financement pour les projets de développement.
Pour Ajay Banga, l’enjeu est désormais de passer à une mise en œuvre à plus grande échelle, en adaptant les financements aux besoins de chaque pays et en renforçant la coopération entre les secteurs public et privé.
« Le développement n’est pas de la charité », a-t-il souligné, appelant à considérer la création d’emplois comme un investissement dans l’avenir collectif et un facteur essentiel de prospérité durable.
TE/Sf/APA





