Face aux tensions persistantes au Moyen-Orient et à l’instabilité des approvisionnements russes, l’Afrique pourrait jouer un rôle croissant dans la sécurité énergétique de l’Europe grâce à ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL).
Les ministres de l’Énergie du Sénégal, de la Guinée équatoriale, du Nigeria et de la République du Congo doivent se réunir le mois prochain à Paris dans le cadre du Forum Invest in African Energy (IAE) afin de promouvoir les capacités croissantes du continent en matière de GNL et attirer des investissements ainsi que des accords d’approvisionnement à long terme avec des acheteurs européens.
Depuis la perturbation des flux de gaz russes acheminés par gazoducs, l’Europe s’est davantage tournée vers le GNL pour combler son déficit énergétique, en important notamment des cargaisons en provenance des États-Unis, du Qatar et de plus en plus d’Afrique. Même si la part africaine reste encore limitée, son importance augmente à mesure que les entreprises énergétiques européennes cherchent à diversifier leurs sources et à réduire les risques géopolitiques, notent les organisateurs du forum IAF.
Premier exportateur africain, le Nigeria demeure un acteur clé, notamment pour les terminaux de la péninsule Ibérique. Le Portugal s’approvisionne déjà à plus de la moitié de son GNL auprès du Nigeria, tandis que l’Espagne figure parmi les principales destinations des cargaisons nigérianes. L’expansion du projet Nigeria LNG Train 7 devrait accroître les capacités d’exportation au cours des prochaines années.
De son côté, la Guinée équatoriale exporte son GNL via l’installation de Punta Europa, tandis que de nouveaux projets gaziers visent à renforcer l’approvisionnement en matière première. La République du Congo développe également ses ambitions avec le projet Congo LNG, dont la deuxième phase devrait porter la capacité d’exportation à environ trois millions de tonnes par an.
Plus récemment, le projet gazier offshore Greater Tortue Ahmeyim, développé conjointement par le Sénégal et la Mauritanie, a commencé à produire et à exporter du GNL en 2025, marquant une étape importante pour l’entrée de l’Afrique de l’Ouest sur les marchés mondiaux du gaz.
Grâce à sa proximité géographique avec l’Europe et à des routes maritimes moins exposées aux zones de conflit, le GNL africain apparaît pour de nombreux acheteurs européens comme une alternative plus sûre et plus rapide à certaines cargaisons provenant du Moyen-Orient.
Lors du forum de Paris, les responsables africains tenteront ainsi de transformer l’intérêt croissant de l’Europe en investissements, contrats d’achat et partenariats durables dans un contexte de recomposition du marché mondial de l’énergie.
TE/APA







