Le gouvernement sénégalais renforce son soutien à la filière banane dans la région de Tambacounda, avec plus de 450 millions FCFA de financements mobilisés au profit des producteurs et promoteurs locaux, dans le cadre du partenariat entre la Plateforme d’appui au secteur privé et à la valorisation de la diaspora (PLASEPRI) et la Mutuelle d’épargne et de crédit (MEC) APROVAG.
Ces financements ont permis d’accompagner des groupements de producteurs, notamment dans les villages de Guène et Saal, dans la commune de Missira, à travers l’acquisition d’équipements agricoles et de conservation, la réhabilitation d’infrastructures d’irrigation et le renforcement des capacités des acteurs de la filière.
S’exprimant mercredi 4 novembre 2026 à Tambacounda, lors d’une cérémonie de remise de chèques symboliques et d’attestations de formation, le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, a souligné la portée économique et sociale de ces investissements, présentés comme un levier de souveraineté alimentaire et de création d’emplois en milieu rural.
Selon le ministre, les trois lignes de refinancement accordées à la MEC APROVAG dépassent 450 millions FCFA. La dernière tranche, d’un montant de 254,7 millions FCFA, a notamment bénéficié à 16 promoteurs, dont des groupements de producteurs de bananes regroupant 1 925 membres, parmi lesquels 1 245 hommes et 680 femmes.
Les ressources mobilisées ont notamment permis de financer trois chambres froides, deux camions frigorifiques et dix motopompes, ainsi que la réhabilitation de huit réseaux d’irrigation. Elles ont également contribué à la restauration de plantations endommagées par les crues du fleuve Gambie en 2024.
Pour Alioune Dione, ces investissements doivent permettre d’améliorer durablement les revenus des producteurs, de faciliter la conservation et l’écoulement des récoltes et de renforcer les perspectives économiques des jeunes dans leurs terroirs, en réduisant les facteurs qui alimentent l’émigration irrégulière.
Le ministre a particulièrement insisté sur l’enjeu de souveraineté alimentaire, rappelant les mesures prises par l’État au cours des deux dernières années pour restreindre les importations de bananes et favoriser la commercialisation de la production nationale.
Il a également mis en avant la baisse du coût du financement dans le cadre de la PLASEPRI. Sur ses instructions, les ressources mises à la disposition des institutions de microfinance sont désormais cédées à un taux de 1 %, contre 3 % auparavant, permettant aux bénéficiaires finaux d’accéder aux crédits à 8 %, au lieu de 13 %.
Ce dispositif a également contribué au redressement financier de la MEC APROVAG, selon le ministre, qui entend faire de la microfinance un instrument plus accessible au service de l’entrepreneuriat local.
Au-delà de l’appui financier, 126 membres des groupements bénéficiaires ont suivi une formation en éducation financière portant notamment sur la gestion des ressources, la planification des dépenses, la maîtrise de la trésorerie et la gestion de l’endettement.
Alioune Dione a ainsi appelé les bénéficiaires à mettre en pratique les connaissances acquises pour assurer la pérennité de leurs activités et des emplois générés.
Pour consolider ces acquis, son département envisage de transformer les groupements de producteurs en coopératives professionnelles, de relancer l’unité de transformation de la banane en couscous, thiacry, araw et vinaigre, et d’améliorer davantage le conditionnement des produits.
Ces perspectives s’inscrivent dans la volonté des autorités de renforcer les chaînes de valeur agricoles et de promouvoir une économie rurale plus productive, conformément aux orientations de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.
TE/Sf/APA





