Le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderrahim, a été interpellé mercredi 4 novembre par les députés sur la propagation de l’épidémie de dengue dans la capitale tchadienne, où 354 cas confirmés et 18 décès ont été enregistrés au 3 novembre, selon les autorités sanitaires.
Répondant à une question orale du député Moussa Hamdi Elimy, le ministre a présenté devant l’Assemblée nationale la situation épidémiologique et les mesures engagées par le gouvernement pour contenir la maladie.
Ces chiffres ont toutefois suscité des réserves au sein de l’hémicycle. Le doyen des députés, Abderamane Djasnabaye, a notamment contesté le bilan officiel, estimant que le nombre de victimes était largement sous-évalué.
« Les gens meurent par milliers et on nous dit qu’il y a 15 à 18 morts. Ces chiffres sont erronés », a-t-il déclaré, appelant les autorités à davantage de transparence.
En réponse aux préoccupations des parlementaires, Dr Abdelmadjid Abderrahim a indiqué que le premier cas de dengue avait été détecté dans un camp de réfugiés situé dans l’est du pays, avant que la maladie ne se propage à N’Djaména. Selon lui, six provinces sont désormais touchées par l’épidémie.
Le ministre a précisé que la dengue ne dispose pas de traitement spécifique et que sa prise en charge repose essentiellement sur des soins symptomatiques. Il a également souligné l’absence de vaccin homologué pour les campagnes de vaccination de masse.
Insistant sur l’importance du diagnostic biologique, il a mis en garde contre la confusion possible entre les symptômes de la dengue et ceux d’autres maladies, notamment le paludisme. Il a ainsi exhorté les personnes présentant de la fièvre à consulter rapidement un centre de santé afin d’éviter les complications.
Face à la pression exercée sur les structures sanitaires, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures, dont la gratuité de la prise en charge des malades, le renforcement des capacités d’accueil des hôpitaux et l’installation de tentes médicalisées ainsi que de lits supplémentaires dans les centres hospitaliers universitaires.
Les autorités ont également engagé des opérations de désinsectisation des avions et des moyens de transport collectif afin de limiter la propagation des moustiques vecteurs de la maladie entre les différentes provinces du pays.
CA/te/Sf/APA





