Le Dialogue continental de haut niveau sur l’avenir démographique de l’Afrique a ouvert sa phase principale, ce mercredi 4 novembre 2026, au siège de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI, Patronat ivoirien).
Co-organisée par l’État ivoirien, l’Union africaine (UA), le FNUAP et les réseaux de jeunesse, cette rencontre stratégique a rassemblé dirigeants, partenaires internationaux, parlementaires et représentants de la jeunesse.
Tous étaient mobilisés autour d’un enjeu crucial : « Tirer parti des changements démographiques pour la prospérité, la résilience et l’inclusion ». Présidant la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé a rappelé que l’Afrique est à un tournant de son histoire.
À l’horizon 2050, le continent devrait représenter plus du quart de la population mondiale, abritant ainsi la population active la plus jeune et la plus nombreuse de la planète. Pour le chef du gouvernement, cette bascule démographique doit impérativement être convertie en opportunité économique.
Il a appelé à des investissements massifs et renforcés dans les domaines tels que l’éducation, la santé, la formation et l’emploi, tout en insistant sur la valorisation indispensable du potentiel des jeunes et des femmes.
Robert Beugré Mambé a également plaidé pour l’accélération de secteurs porteurs comme l’agriculture, le numérique, les services et l’industrie, soutenus par une coopération accrue entre États et partenaires internationaux.
Le ministre du Plan et du développement, Souleymane Diarrassouba, a posé les chiffres de cette urgence : en 2050, le continent comptera près de 2,5 milliards d’habitants, dont environ 60 % auront moins de 25 ans.
La Côte d’Ivoire, dira-t-il, illustre parfaitement cette trajectoire, sa population étant passée de 6,7 millions d’habitants en 1975 à 29,4 millions en 2021, avec aujourd’hui 75,6 % de la population âgée de moins de 35 ans.
Pour répondre à ce défi, le ministre a mis en avant le nouveau Plan national de développement (PND) 2026-2030, une feuille de route ambitieuse dotée de à 114 838,5 milliards de Fcfa, dont 70,2% consacré au secteur privé.
Ce plan vise notamment à créer plus de 3 millions d’emplois formels pour insérer la jeunesse dans le tissu économique, à renforcer le capital humain, élargir massivement l’accès à la planification familiale, et à optimiser la gouvernance démographique via le rôle pivot de l’Office national de la population.
Invitée à s’exprimer, la directrice exécutive de l’UNFPA, Djene Keita, a rappelé l’ampleur de la vague à venir : l’Afrique contribuera à plus de la moitié de la croissance démographique mondiale au cours des 25 prochaines années, soit près de 900 millions d’habitants supplémentaires.
Tout en saluant les progrès accomplis, notamment le taux d’achèvement de l’éducation primaire passé de 55 % en 2000 à environ 85 % aujourd’hui, elle a insisté sur l’urgence d’agir. Selon elle, les gouvernements doivent consolider sans attendre les systèmes de santé, les infrastructures, la protection sociale et la fiabilité des données démographiques.
Ces chantiers devront se faire en intégrant les transitions majeures de notre époque, telles que les changements climatiques, les conflits régionaux et les mutations technologiques accélérées, a souligné la directrice exécutive de l’UNFPA.
À travers ce dialogue d’Abidjan, les décideurs africains s’accordent sur une vision commune : l’éducation, la formation, l’égalité des genres et l’emploi ne sont plus de simples objectifs sociaux, mais les leviers économiques obligatoires pour bâtir une Afrique prospère et inclusive d’ici 2050.
AP/Sf/APA





