L’État malien et les acteurs du secteur privé ont engagé une concertation pour simplifier les procédures du commerce extérieur, réduire les délais et les coûts des opérations d’importation, d’exportation et de transit.
Présidée jeudi à Bamako par le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, la table ronde a réuni des membres du gouvernement, des services techniques, des chambres consulaires, des organisations professionnelles et des opérateurs économiques.
Initiée par la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), la rencontre a porté notamment sur les formalités du commerce extérieur, la sécurité des transports et l’interconnexion des administrations douanières.
Les échanges ont mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coordination entre les services publics, d’améliorer la confiance avec le secteur privé et d’accélérer la modernisation des procédures.
Les prochaines étapes devront permettre d’identifier les formalités à supprimer ou à regrouper, de déterminer les administrations concernées et de fixer un calendrier d’exécution assorti de mécanismes de suivi.
Cette concertation intervient quelques jours après une séance de travail tenue le 31 juillet entre une mission de la Banque mondiale, la CCIM, les Douanes, la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence ainsi que des représentants du secteur privé. Les discussions avaient notamment porté sur la mise en œuvre de l’Accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur la facilitation des échanges.
Plus de 2.150 milliards FCFA d’échanges en trois mois
L’enjeu est important pour l’économie malienne. Au quatrième trimestre 2025, les exportations ont atteint 1.286,4 milliards de FCFA, contre 867,4 milliards d’importations, soit un volume d’échanges supérieur à 2.153 milliards de FCFA sur la période.
Le pays a enregistré un excédent commercial de 418,9 milliards de FCFA, principalement grâce à l’or, qui représentait 91 % des exportations. Les importations étaient dominées par les machines et matériels de transport, les produits pétroliers et les produits agricoles.
Pour un pays enclavé comme le Mali, la fluidité des opérations aux frontières et sur les corridors constitue un enjeu majeur. Les retards dans le dédouanement ou le transit peuvent en effet accroître les coûts de transport, ralentir l’approvisionnement des entreprises et renchérir les produits essentiels.
Les échanges jouent également un rôle important dans les recettes publiques. Au premier trimestre 2026, la Direction générale des Douanes a mobilisé 284,447 milliards de FCFA, sur une prévision annuelle de 975 milliards, soit près de 34 % des recettes fiscales et non fiscales collectées par les principaux services de recouvrement.
La réforme devra ainsi trouver un équilibre entre la facilitation du passage des marchandises et le maintien des contrôles nécessaires à la sécurisation des recettes publiques, à la protection du marché et à la lutte contre la fraude.
Des réformes attendues jusqu’en 2030
Selon les données de l’OMC, le Mali a mis en œuvre 83,6 % de ses engagements au titre de l’Accord sur la facilitation des échanges. Sept mesures doivent encore être appliquées entre août 2026 et fin 2027, tandis que cinq autres sont programmées pour la période suivante, avec un achèvement prévu à l’horizon 2030.
La base de données de l’OMC fait également état de deux notifications en retard et relève des insuffisances dans la mise à disposition d’informations destinées aux opérateurs sur les procédures d’importation, d’exportation et de transit.
Le guichet unique et le recours aux commissionnaires en douane figurent également parmi les domaines où des informations restent à améliorer.
Pour les opérateurs économiques, l’enjeu est désormais de traduire les discussions de Bamako en décisions concrètes : simplification des formalités, interconnexion des systèmes administratifs, meilleure coordination des contrôles et prévisibilité des délais.
Le succès de la réforme sera ainsi mesuré à l’aune de la réduction effective des formalités, du temps de traitement et des coûts logistiques liés au commerce extérieur.
MD/te/APA







