Les experts du secteur pétrolier ont appelé à un renforcement de la coopération entre pays africains afin d’accroître le contenu local, développer la production manufacturière et améliorer l’accès au financement dans l’industrie pétrolière et gazière.
S’exprimant lundi lors d’une table ronde du Séminaire sur le contenu local nigérian, organisée dans le cadre de la Conférence nigériane sur le pétrole et le gaz 2026 (NOG Energy Week) à Abuja, le directeur des services aux entreprises du Conseil nigérian de développement et de suivi du contenu local (NCDMB), Abdulmalik Halilu, a indiqué que la politique nigériane de contenu local a mis en place un cadre de gouvernance ayant renforcé la confiance des investisseurs et accru la participation des acteurs locaux dans le secteur pétrolier et gazier.
Il a rappelé que la création du NCDMB, du Fonds nigérian de développement du contenu local, ainsi que la définition d’objectifs de mise en œuvre, ont consolidé la participation des entreprises locales dans l’industrie pétrolière. Selon lui, les mécanismes de financement dédiés, notamment via les institutions de financement du développement, ont également permis aux entreprises locales de se développer.
M. Halilu a cité le Fonds d’intervention pour le contenu local nigérian, géré conjointement avec la Banque de l’industrie, comme l’une des principales réussites du Conseil. Il a notamment indiqué qu’un bénéficiaire avait vu sa flotte passer de quatre à plus de quinze navires après un financement de 10 millions de dollars.
Il a également souligné la progression du secteur manufacturier local, précisant que les entreprises nigérianes ont fourni plus de deux millions de mètres de câbles pour le projet Nigeria LNG Train 7. Le pays dispose désormais, selon lui, d’un chantier d’intégration de FPSO.
Malgré ces avancées, il a relevé que le taux d’utilisation des capacités reste un défi majeur. Une enquête de référence du NCDMB montre que les installations de fabrication fonctionnent à seulement 32 % de leur capacité, ce qui souligne la nécessité d’accélérer les nouveaux projets pétroliers et gaziers afin de pérenniser les investissements des entreprises locales.
Il a ajouté que l’Afrique doit privilégier la production locale, les produits manufacturés représentant plus de la moitié des coûts des projets d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC).
M. Halilu a également insisté sur l’importance de la recherche et du développement, appelant les entreprises africaines à investir davantage dans l’innovation pour rester compétitives.
De son côté, le secrétaire exécutif du NCDMB, le Dr Félix Omatsola Ogbe, représenté par Abayomi Bamidele, a indiqué que le Conseil a lancé une nouvelle phase de la stratégie nigériane de développement du contenu local, visant à renforcer les capacités de production, la collaboration intersectorielle et la préparation des entreprises locales aux futurs investissements dans le secteur.
Selon lui, la prochaine phase ira au-delà de la conformité et de la participation pour mettre l’accent sur le développement des compétences, le renforcement des capacités et la collaboration.
Il a souligné que la mise en œuvre de la loi sur le contenu local dans l’industrie pétrolière et gazière a permis d’augmenter la part du contenu nigérian de moins de 5 % à 61 % en 15 ans.
« Notre prochaine phase de croissance du contenu local ira au-delà de la simple participation et de la conformité. Elle doit nous amener à développer nos capacités. L’ampleur des décisions d’investissement final que nous constatons est considérable et nous devons positionner les prestataires de services nigérians afin qu’ils puissent tirer parti de ces opportunités », a-t-il affirmé.
Il a ajouté que, malgré le potentiel du Nigéria à soutenir un écosystème manufacturier dynamique, de nombreux producteurs locaux fonctionnent encore en dessous de leurs capacités en raison d’un accès limité au marché, de lacunes technologiques et de contraintes de financement.
Pour y remédier, le NCDMB, en collaboration avec la Commission nigériane de réglementation du secteur pétrolier en amont (NUPRC), la NNPC Limited et d’autres acteurs, a élaboré un cadre harmonisé de classification des entreprises. Ce nouveau système regroupe les entreprises en cinq catégories, remplaçant les multiples dispositifs de notation existants.
Ce cadre vise à faciliter un audit conjoint des capacités industrielles et à simplifier la certification des entrepreneurs. Il permettra également de réduire les doublons administratifs, de faciliter l’accès direct aux contrats pour les entreprises disposant de capacités réelles et de limiter les intermédiaires.
L’audit des capacités permettra d’identifier les entreprises capables de soutenir les grands projets en eaux profondes, tout en créant des opportunités pour les petites entreprises locales grâce à cette nouvelle classification.
Le NCDMB a également annoncé plusieurs mesures de simplification administrative, notamment la mise en place d’un certificat d’équipement à contenu nigérian (NCEC), d’un guide de demande associé, de nouveaux mécanismes de signalement des plaintes et de la corruption, ainsi que la réduction des délais de certification.
GIK/fss/te/Sf/APA







