La crise opérationnelle de la Nigeria Liquefied Natural Gas Limited (NLNG Ltd) se dégrade, alors que la panne prolongée de son usine de Bonny Island entraîne une chute de 80 % de l’approvisionnement en gaz naturel, selon un rapport récent de Bloomberg.
Le rapport de Bloomberg sur l’approvisionnement de l’usine nigériane de Bonny Island précise que la quantité de gaz nécessaire pour faire fonctionner l’entreprise a chuté de 80 %, ne satisfaisant que 20 % de ses besoins, avec des installations limitées.
Selon un article du journal Punch, publié mercredi, cette situation, qui s’aggrave de jour en jour, représente une menace pour les flux financiers du Nigéria et ses dividendes projetés pour 2025, estimés à 727 milliards de nairas, soit une hausse de 113 % par rapport aux 346 milliards de nairas enregistrés l’année précédente.
Le vandalisme et le sabotage ont gravement affecté les opérations de l’usine, réduisant les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL). Le rapport indique que seules deux des six unités de traitement de l’usine fonctionnent actuellement, tandis que trois gazoducs sont en panne. Selon Philip Mshelbila, directeur général de NLNG, ces perturbations sont le résultat des attaques incessantes menées par des vandales contre les infrastructures.
La baisse de production de la seule installation de GNL du pays pourrait entraîner une pression à la hausse sur les prix, alors que l’offre mondiale se resserre, en particulier vers l’Asie et l’Europe. En 2024, près de la moitié des exportations de GNL du Nigéria ont été destinées à l’Asie, un autre tiers à l’Europe, et le reste aux Amériques et au Moyen-Orient, selon les données compilées par Bloomberg.
Les exportations de NLNG ont chuté de 40 % en février, par rapport au mois précédent, à la suite de la destruction de pipelines clés par des vandales, indique Bloomberg. Cette situation a également entraîné des retards d’au moins 10 jours pour les expéditions prévues pour le mois suivant. Shell Plc, l’un des actionnaires de NLNG aux côtés de la Nigerian National Petroleum Corp., TotalEnergies et Eni, n’a pas réagi immédiatement aux demandes de commentaires.
NLNG a été créée pour exploiter les vastes réserves en gaz naturel du Nigéria et produire du GNL et des liquides de gaz naturel à destination du marché intérieur et de l’exportation.
D’après le journal Punch, le gouvernement fédéral a perçu environ 21,56 milliards de dollars sur les 44 milliards de dollars de dividendes versés par NLNG au cours des 25 dernières années.
La réduction de la capacité de production devrait avoir des répercussions majeures, notamment une baisse des revenus d’exportation et des pertes d’emplois potentielles dans le secteur. Les problèmes de sécurité dans la région du delta du Niger, où se trouvent la majorité des infrastructures pétrolières et gazières du pays, demeurent un défi de longue date.
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