Le Conseil militaire de Misrata a exprimé son opposition à une initiative américaine portant sur l’avenir du processus politique en Libye, en refusant toute participation de Khalifa Haftar et de ses fils à un éventuel dialogue national. Dans un communiqué publié dimanche, cette instance a affirmé que la proposition attribuée à l’envoyé spécial américain pour l’Afrique, Massad Boulos, risquait de détourner le pays de son objectif d’organiser des élections sur une base constitutionnelle.
Selon le Conseil, l’intégration de Khalifa Haftar dans un nouveau cadre de négociations reviendrait à ouvrir une nouvelle phase de transition politique au détriment d’un référendum sur la Constitution. Les responsables militaires de Misrata considèrent ce référendum comme une étape indispensable pour établir un État civil reposant sur des institutions élues et sur un processus démocratique durable.
Le communiqué rejette également toute formule politique associant Haftar et ses fils, estimant qu’elle leur permettrait, selon ses auteurs, d’échapper à d’éventuelles responsabilités juridiques tout en favorisant le retour d’un système de gouvernance militaire. Le Conseil met en garde contre tout « arrangement politique » qui prolongerait la période de transition et maintiendrait le pays dans une situation d’instabilité institutionnelle.
Appelant à une mobilisation pacifique à travers la Libye, le Conseil militaire de Misrata invite les citoyens à réclamer l’organisation d’un référendum constitutionnel ainsi que d’élections parlementaires. Il affirme que tout accord politique ne reflétant pas la volonté populaire serait inacceptable et ne contribuerait pas à une sortie durable de la crise.
Le Conseil a, par ailleurs, annoncé son rejet de la visite prévue de Massad Boulos à Misrata, indiquant que cette décision traduisait la position des forces présentes dans la ville. Cette prise de position intervient alors que les efforts internationaux se poursuivent pour relancer le processus politique en Libye, toujours confronté à des divisions entre les autorités rivales de l’ouest et de l’est du pays.
MK/AK/Sf/APA







