Le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), en partenariat avec l’entreprise technologique Interstellar a procédé au lancement officiel du PAPSS African Currency Marketplace (PACM), une plateforme destinée à faciliter les échanges commerciaux entre pays africains en permettant la conversion directe des monnaies locales, sans passer par des devises fortes comme le dollar ou l’euro.
L’annonce a été faite en marge des Assemblées annuelles 2025 d’Afreximbank, tenues du 25 au 28 juin à Abuja, au Nigeria.
Ce nouveau mécanisme ambitionne de lever l’un des principaux freins au commerce intra-africain : l’inconvertibilité des monnaies nationales, qui oblige les entreprises à utiliser des devises étrangères, entraînant des pertes estimées à 5 milliards de dollars chaque année.
« Le PACM est une plateforme transparente, basée sur un carnet d’ordres avec des contreparties fiables, conforme aux réglementations locales et aux normes internationales », a affirmé Mike Ogbalu III, directeur général du PAPSS.
Fruit d’une technologie blockchain autorisée conçue par Interstellar, le système permet des transactions sécurisées en temps quasi réel, entre institutions financières, entreprises et autres acteurs du marché.
Testé avec succès auprès de plus de 80 entreprises sur 12 paires de devises, le PACM a déjà permis à des groupes comme Kenya Airways ou la réassurance ZEP-RE de régler leurs échanges sans recourir à une devise tierce, réduisant ainsi les délais et les coûts.
Au-delà des paiements, le PACM vise aussi à résoudre la problématique des revenus d’entreprises africaines bloqués dans certains pays en raison de restrictions de change. Ces montants seraient supérieurs à 2 milliards de dollars, selon les estimations.
« Nous construisons l’infrastructure de la renaissance financière de l’Afrique », a déclaré Ernest Mbenkum, PDG d’Interstellar.
Pour Haytham El Maayergi, vice-président exécutif d’Afreximbank, le PACM représente une « transformation radicale » permettant aux États africains de commercer entre eux dans leurs propres devises, en cohérence avec les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
TE/Sf/APA







