Au Complexe Mohammed VI de football, s’est tenu mardi 10 février 2025 un forum d’affaires réunissant opérateurs publics et privés du Maroc, d’Espagne et du Portugal dans la perspective de la Coupe du monde 2030. L’événement, coorganisé par la Confédération générale des entreprises du Maroc, la Confédération espagnole des organisations d’entreprises et la Confédération des entreprises du Portugal, s’est déroulé en présence de représentants diplomatiques et de chefs d’entreprise des trois pays. Cette rencontre s’inscrit dans la préparation opérationnelle d’un Mondial inédit, organisé conjointement par trois États répartis sur deux continents.
Au-delà de la dimension sportive, les organisateurs ont affiché un objectif clair : structurer un cadre de coopération économique durable, capable de maximiser les retombées à long terme. Le président de la confédération patronale espagnole, Antonio Garamendi, a souligné que le projet « transcende le sport » et constitue « une grande plateforme d’investissement et de croissance ». Citant des estimations de la Fédération internationale de football association, il a évoqué un impact direct potentiel « de plus de 5 milliards d’euros pour chacune de nos économies », précisant que ces montants ne couvrent pas les effets indirects.
Trois axes prioritaires ont été identifiés : infrastructures et mobilité, tourisme, innovation technologique. Les intervenants ont insisté sur l’ampleur du cycle d’investissement engagé au Maroc, notamment autour du Grand Stade Hassan II, et sur la nécessité de privilégier une logique de co-investissement dans l’ingénierie, la construction, l’énergie et les technologies. Les équipements du Mondial ont été présentés comme des plateformes multifonctionnelles, intégrant des usages sportifs, culturels et professionnels, avec des standards élevés de durabilité environnementale et d’efficacité énergétique.
Côté portugais, Nuno Gabriel Cabral a qualifié le Mondial de « pont stratégique entre l’Europe et l’Afrique », soulignant la densité des échanges économiques régionaux. Il a rappelé que les exportations portugaises vers le Maroc ont progressé en moyenne de 10 % par an au cours de la dernière décennie, faisant du Royaume la dixième destination des ventes portugaises. Le diplomate a présenté l’événement comme un catalyseur de modernisation économique, notamment dans les secteurs du tourisme, de la logistique et des services numériques.
À travers les différentes interventions, une convergence s’est dégagée sur le rôle structurant du secteur privé dans la réussite organisationnelle et dans la transformation économique attendue. La Coupe du monde 2030 apparaît ainsi, pour les trois partenaires, comme un chantier de co-développement visant à consolider un espace économique euro-africain intégré bien au-delà de l’échéance sportive.
MK/AK/Sf/APA







