Le gouvernement marocain consacre un milliard de dirhams à la modernisation des marchés hebdomadaires, afin de renforcer l’économie locale, améliorer la gestion communale et garantir de meilleures conditions sanitaires.
Le Maroc engage un vaste chantier de modernisation de ses marchés hebdomadaires ruraux, avec une enveloppe globale de 1 milliard de dirhams, soit environ 95 millions d’euros. Le programme, annoncé par le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, vise à renforcer l’économie locale, améliorer les conditions de vie des habitants et assurer une meilleure organisation de ces espaces considérés comme vitaux pour le commerce de proximité.
Selon Abdelouafi Laftit, de nombreux marchés ruraux fonctionnent encore avec des infrastructures obsolètes, mal entretenues et peu adaptées aux besoins actuels. La désorganisation et la domination des intermédiaires limitent l’efficacité de la distribution et réduisent les recettes des municipalités. Cette situation freine également la valorisation des productions agricoles locales, pourtant essentielles à l’économie nationale.
L’investissement mobilisé repose sur une coopération interministérielle : 500 millions de dirhams sont alloués par le ministère de l’Intérieur, 250 millions par le ministère de l’Agriculture, et 250 millions par le ministère de l’Industrie et du Commerce. Cette synergie institutionnelle a pour objectif de rendre les marchés plus compétitifs, de stimuler l’emploi et d’attirer des investissements dans les territoires ruraux.
Le projet ne se limite pas à une réhabilitation physique. Il introduit également de nouveaux modèles de gestion afin de rompre avec l’ancien système de location jugé inefficace. Les communes sont encouragées à recourir à la gestion déléguée ou à des sociétés de développement local, mieux adaptées à une administration moderne. Un manuel de référence doit être diffusé pour uniformiser l’organisation et le contrôle des marchés à travers le pays.
La modernisation s’accompagne aussi d’un volet sanitaire renforcé. Des vétérinaires superviseront les abattoirs présents dans les marchés, tandis que des inspections régulières seront menées pour garantir le respect des normes d’hygiène et de sécurité alimentaire. Le gouvernement estime que ces mesures contribueront à protéger la santé publique, tout en renforçant la confiance des consommateurs.
Au-delà de l’amélioration des infrastructures et de la gouvernance, le programme ambitionne de redonner aux marchés ruraux leur rôle central : soutenir les petits producteurs, faciliter l’écoulement des produits agricoles, et participer à la lutte contre la précarité dans les campagnes. En modernisant ces lieux de rencontre économique et sociale, l’exécutif entend transformer une tradition séculaire en moteur de développement durable.
MK/Sf/APA







