Portée par une montée en puissance sans précédent, l’énergie éolienne s’affirme comme le pilier central de la transition énergétique marocaine, contribuant à des records de production renouvelable et à un recul progressif des combustibles fossiles.
L’énergie éolienne s’est imposée en 2024 au Maroc comme la principale composante du mix électrique national, selon le dernier rapport annuel de Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE). À fin décembre, la capacité éolienne installée atteignait 2 390 MW, en hausse de 18,5 % sur un an, représentant désormais près de 20 % de la capacité électrique totale du Royaume. Cette progression s’inscrit dans un contexte de demande soutenue et de rééquilibrage structurel du système énergétique marocain en faveur des sources renouvelables.
Cette dynamique est principalement portée par la mise en service de deux projets structurants. Le parc éolien de Jbel Lahdid, d’une capacité de 270 MW près d’Essaouira, a été développé dans le cadre d’un contrat de producteur indépendant d’électricité (IPP) avec Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE). À cela s’ajoute le projet de modernisation du site historique de Koudia Al Baida, à Tétouan, qui a permis d’injecter 100 MW supplémentaires sur le réseau en partenariat avec l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN).
Sur le plan de la production, l’éolien a franchi un seuil record. En 2024, il a généré 9 363 GWh, soit une progression de 43 % par rapport à 2023. Cette production représente à elle seule 21 % de l’électricité nationale et près de 80 % de l’ensemble de la production renouvelable. Les producteurs indépendants d’électricité en ont assuré 47 %, tandis que les opérateurs privés du marché libéralisé en ont fourni 43 %, l’ONEE, MASEN et les autoproducteurs se partageant les volumes restants.
Au total, la capacité installée en énergies renouvelables a atteint 5 439 MW, couvrant désormais 45 % du mix électrique national. L’éolien arrive en tête avec 44 %, devant l’hydroélectricité (24 %), le solaire (17 %) et les stations de pompage-turbinage (15 %). La production électrique renouvelable globale s’est établie à 11.666 GWh, en hausse annuelle de 27 %.
Cette montée en puissance s’est accompagnée d’évolutions contrastées dans les autres filières. La capacité solaire a atteint 928 MW, mais la production a reculé de 25 % à 1 617 GWh en raison de l’indisponibilité temporaire de la centrale Noor III à Ouarzazate, MASEN concentrant 86 % de cette production. En parallèle, la centrale de pompage-turbinage d’Abdelmoumen, mise en service en octobre 2024, a ajouté 350 MW de flexibilité au système, avec une production initiale de 135 GWh.
MK/Sf/APA







