Le gouvernement ougandais a décidé d’effacer plus de 35 milliards de shillings d’arriérés fiscaux dus par les usines de thé, a rapporté APA ce jeudi.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une intervention plus large visant à relancer l’industrie du thé ougandaise, actuellement en difficulté, a déclaré le vice-président du Parlement, Thomas Tayebwa.
Selon lui, l’annulation de ces arriérés sera effective dès la reprise des travaux parlementaires, après la pause.
Cette décision fait suite aux efforts soutenus des députés de la région du « Grand Bushenyi » et d’autres zones productrices de thé pour remédier aux difficultés auxquelles le secteur est confronté.
« Le ministre a donné pour instruction qu’à la reprise du Parlement, nous procédions à l’effacement d’arriérés fiscaux s’élevant à plus de 35 milliards de shillings. Je tiens à remercier les députés du Grand Bushenyi qui ont beaucoup œuvré sur ce dossier », a déclaré M. Tayebwa.
M. Tayebwa a annoncé cette mesure mardi 8 septembre 2026, alors qu’il représentait le président Yoweri Museveni aux obsèques d’Edna Kentaro Baryaruha, dans le district de Bushenyi. Cette dernière était une pionnière de la défense des questions de genre et avait contribué aux premières étapes de l’élaboration du cadre politique ougandais en la matière.
Cet allègement fiscal devrait réduire la charge financière pesant sur les usines de thé, dont certaines peinent à faire face à l’accumulation de dettes et à d’autres difficultés opérationnelles, dans un contexte de crise prolongée du secteur.
M. Tayebwa a indiqué que le gouvernement travaillait également à résoudre d’autres problèmes affectant la gestion et le fonctionnement des usines de thé. Il a souligné que l’accumulation des obligations fiscales constituait un obstacle majeur à la reprise des activités de certaines usines.
« Les autres questions seront également traitées afin d’assurer une meilleure gestion des usines », a-t-il affirmé.
M. Tayebwa a également révélé que le gouvernement procédait à un examen approfondi de la filière thé afin de soutenir sa viabilité à long terme.
Cette annonce intervient dans un climat d’inquiétude croissante quant à l’avenir de l’industrie du thé en Ouganda. Les prix du thé ont fortement chuté au cours de l’année écoulée en raison de l’affaiblissement de la demande internationale, alors que d’importants volumes continuaient d’arriver sur le marché, créant une offre excédentaire qui a fait baisser les prix aux enchères.
Les perturbations politiques et économiques dans des pays importateurs clés, notamment le Soudan, ont encore réduit la demande de thé d’Afrique de l’Est. L’Ouganda, qui dépend fortement des enchères de Mombasa et produit principalement du thé noir CTC, a été particulièrement exposé à ces chocs du marché.
La chute des prix a également été aggravée par des préoccupations concernant la qualité du thé et la hausse des coûts de production. La cherté des engrais et des intrants a rendu plus difficile pour les agriculteurs l’entretien adéquat de leurs plantations, ce qui affecte à la fois la qualité et la quantité de feuilles vertes livrées aux usines.
Lorsque les recettes d’exportation des usines diminuent, leur capacité à rémunérer les agriculteurs et à couvrir leurs frais d’exploitation se trouve réduite. Il en résulte un cercle vicieux associant faibles rémunérations des producteurs, baisse des investissements dans les plantations de thé et difficultés financières pour les transformateurs.
Toutefois, M. Tayebwa a indiqué que le gouvernement nourrissait de plus grandes ambitions pour la filière thé, prévoyant notamment un investissement de 212 milliards de shillings.
Ces fonds, a-t-il précisé, sont destinés à soutenir l’investissement dans l’industrie du thé, mais seules les usines faisant preuve d’une gestion efficace et performante pourront en bénéficier.
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