La nouvelle Agence africaine de notation de crédit (AfCRA) se dit opérationnelle et prête à évaluer la solvabilité des États et des entreprises du continent, a annoncé son directeur général, Sifiso Falala.
En marge de l’inauguration de l’agence, M. Falala a indiqué que les paramètres de collecte des données économiques avaient été mis en ligne et que des équipes de recherche et d’analyse avaient été constituées pour mener à bien cette mission.
« À l’heure du lancement de l’agence, nous sommes pleinement prêts à travailler avec les entités qui souhaitent faire appel à nos services », a-t-il déclaré.
« Nous disposons d’une équipe de recherche capable de recueillir des données à l’échelle internationale sur différents pays, ainsi que d’une équipe d’analystes spécialisés dans leur traitement et leur interprétation afin d’en tirer des conclusions utiles à nos évaluations », a-t-il ajouté.
L’agence produira à terme des certificats de notation, des rapports et des recommandations, a précisé son directeur général.
Les États souverains constitueront sa première priorité, leurs conditions économiques ayant une incidence directe sur l’environnement dans lequel évoluent les entreprises.
Selon M. Falala, les difficultés économiques des États représentent un enjeu majeur pour le continent, dans la mesure où elles pèsent sur le secteur privé. Les entreprises peuvent ainsi rencontrer des obstacles importants lorsque les finances publiques sont fragiles ou que le service de la dette absorbe une part élevée des ressources disponibles.
Si les États seront ciblés en priorité, l’AfCRA entend également proposer ses services aux entreprises.
Pour les pays africains, l’agence pourrait contribuer à dresser un tableau plus complet et mieux étayé des économies et des entreprises du continent. Ses analyses offriraient ainsi aux gouvernements, aux investisseurs et aux sociétés une source d’information supplémentaire pour évaluer les risques et les possibilités d’investissement.
Ces évaluations pourraient favoriser des décisions mieux informées, sans toutefois garantir à elles seules des investissements, une croissance économique ou une amélioration des conditions de vie.
Selon des médias locaux citant M. Falala, l’agence a été créée pour combler les lacunes en matière de données et de recherche qui affectent le continent.
« C’est un problème de données. C’est un problème de recherche », a-t-il résumé, soulignant que ces difficultés concernaient les 55 pays africains.
L’AfCRA espère que ses travaux contribueront à mieux valoriser le potentiel économique des États africains. Sa méthodologie combinera l’analyse documentaire et les recherches de terrain, a précisé son directeur général.
L’agence a pour mandat de proposer une alternative dans un secteur dominé par les trois grandes agences de notation occidentales opérant à l’échelle mondiale.
L’Union africaine (UA) a nommé le Sud-Africain Sifiso Falala directeur général par intérim de l’AfCRA, alors que le continent s’emploie à mettre en place une agence de notation indépendante, détenue par des intérêts privés et axée sur les marchés africains.
L’agence a été officiellement inaugurée à Port-Louis, à Maurice, où son siège sera établi, au terme de plusieurs années de discussions sur la création d’une institution africaine de notation de crédit.
GIK/lb/Sf/APA





