Le Maroc a exprimé, vendredi 30 octobre 2026, sa satisfaction après la non-reconduction du mandat de la MINURSO au Conseil de sécurité, estimant, dans un communiqué du Cabinet Royal, que cette évolution constitue « un pas significatif vers la clôture définitive du dossier du Sahara marocain aux Nations Unies ».
Cette réaction de Rabat intervient après l’échec de deux projets de résolution concurrents au Conseil de sécurité : le premier, présenté par les États-Unis, a été bloqué par un veto russe ; le second, déposé par Moscou, a recueilli trois voix favorables et fait l’objet d’un vote négatif américain.
Pour le Cabinet Royal, cette issue marque un tournant dans le traitement du dossier du Sahara. Le communiqué rapproche ce développement de la célébration de la Fête de l’Unité, instaurée par décret royal le 4 novembre 2025, et d’une démarche visant à transformer les paramètres du différend.
Le communiqué du Cabinet Royal considère que la non-reconduction du mandat devrait entraîner, dans les prochains jours, la cessation de la présence de la mission dans les provinces du sud du Royaume, y compris de ses personnels, véhicules, équipements et symboles. Il estime qu’une séquence de trente-cinq ans est ainsi achevée.
Le Cabinet Royal avance également que cette évolution devrait conduire au retrait de la question de l’ordre du jour du Conseil de sécurité et mettre fin aux réunions périodiques, rapports du secrétaire général et briefings de son envoyé personnel consacrés au Sahara. Il présente le processus politique onusien comme désormais suspendu et annonce des démarches auprès d’autres organes des Nations unies.
Rabat réaffirme parallèlement son attachement au cessez-le-feu, dans le respect de l’intégrité territoriale du Royaume, de sa sécurité nationale et de la tranquillité de ses citoyens.
Le Cabinet Royal assure que l’action diplomatique conduite par le Roi se poursuivra aux niveaux bilatéral et régional. Selon le communiqué, plus des deux tiers des États membres de l’ONU soutiennent l’autonomie sous souveraineté marocaine comme seul cadre de règlement.
Deux projets, deux échecs
Au Conseil de sécurité, le projet américain a obtenu onze voix favorables. La Chine, le Pakistan et la Somalie se sont abstenus, tandis que la Russie a opposé son veto, empêchant l’adoption du texte malgré son soutien majoritaire.
Washington proposait de prolonger la mission jusqu’au 31 octobre 2027 et de la rebaptiser, dès le 1er novembre, « Mission des Nations unies au Sahara occidental » (MINUSO), supprimant la référence au référendum dans son appellation.
Le texte retenait le plan d’autonomie marocain comme seule base pour poursuivre les négociations. Il demandait aussi au secrétaire général de présenter, avant le 30 janvier 2027, des propositions sur la structure, les effectifs et les moyens de la mission, et prévoyait l’enregistrement de la population des camps de Tindouf dans un délai de six mois.
Le contre-projet russe privilégiait une prorogation d’un an de la MINURSO, sans modification de son nom ni de son mandat. Il a recueilli trois voix pour, onze abstentions et une voix contre, celle des États-Unis. Il ne disposait donc pas non plus des neuf voix nécessaires à son adoption.
À l’issue des deux scrutins, aucune prorogation n’avait été approuvée, alors que le mandat en cours arrive à échéance le 31 octobre .
Le Conseil de sécurité comprend quinze membres, dont cinq permanents disposant du droit de veto : la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie. Les dix membres non permanents en 2026 sont le Bahreïn, la Colombie, le Danemark, la Grèce, la Lettonie, le Liberia, le Pakistan, le Panama, la République démocratique du Congo et la Somalie.
AK/APA





