Copréidée par le président de l’Assemblée populaire algérienne, Brahim Boughali, et son homologue mauritanien Mohamed Bamba Meguett, cette session de la Grande commission parlementaire marque, selon ses initiateurs, une « nouvelle phase » dans les relations entre les deux pays. Alger met en avant la dimension institutionnelle de cette commission, présentée comme un cadre permanent de concertation et de coordination parlementaire. Le choix de la Mauritanie comme premier partenaire d’un tel mécanisme est souligné par la partie algérienne comme un signal politique fort, reflétant la priorité accordée à l’axe Nouakchott-Alger.
Dans son intervention, Brahim Boughali a insisté sur l’évolution du rôle du Parlement, appelé non seulement à ratifier des accords, mais aussi à accompagner activement les projets de développement, à favoriser un environnement législatif propice à l’investissement et à suivre la mise en œuvre des initiatives stratégiques.
L’ordre du jour porte sur le renforcement des échanges commerciaux, la promotion des infrastructures et l’élargissement des perspectives d’investissement, notamment dans le secteur énergétique. Parmi les projets évoqués figurent la route reliant Tindouf à Zouerate, l’ouverture d’un poste frontalier et l’inauguration prochaine de la première banque algérienne en Mauritanie.
Du côté mauritanien, Mohamed Bamba Meguett a salué la qualité des relations bilatérales et qualifié la commission de plate-forme stratégique destinée à consolider la concertation et à concrétiser une coopération plus intégrée. Il a proposé la mise en place de comités techniques spécialisés chargés de suivre la réalisation des projets communs, afin d’éviter que les engagements politiques ne restent à l’état déclaratif. Cette suggestion met implicitement en lumière un défi récurrent dans la coopération régionale : l’écart entre annonces institutionnelles et concrétisation opérationnelle.
Si la création d’un cadre parlementaire permanent constitue une avancée formelle, son efficacité dépendra de la capacité des deux États à lever les contraintes logistiques, financières et administratives qui freinent traditionnellement l’intégration maghrébine et sahélienne. La route Tindouf-Zouerate, par exemple, est présentée comme un axe stratégique pour les échanges transfrontaliers, mais son impact réel dépendra de la fluidité douanière, de la sécurité régionale et de la compétitivité des flux commerciaux.
Placée sous le thème de « l’activation du rôle parlementaire » au service d’un partenariat durable, cette première session se conclura par des recommandations et un communiqué conjoint. Reste à savoir si cette nouvelle architecture institutionnelle permettra de dépasser le stade symbolique pour produire des résultats tangibles, dans un environnement régional où les ambitions affichées se heurtent souvent aux limites structurelles et budgétaires des États concernés.
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