Avec un score agrégé de 62,41 % pour le climat des affaires, le Royaume figure dans la première édition du nouvel indicateur de la Banque mondiale, qui met en lumière des avancées réglementaires réelles mais une exécution encore inégale.
Le Maroc fait partie des 50 économies évaluées dans la première édition du rapport Business Ready 2024, publié par le Groupe de la Banque mondiale, avec un score global de 62,41 %. Ce positionnement situe le Royaume dans une zone intermédiaire, traduisant un environnement des affaires jugé globalement fonctionnel, mais encore marqué par des écarts significatifs entre la qualité du cadre réglementaire et son application effective sur le terrain, selon le rapport.
Cette évaluation s’inscrit dans une refonte méthodologique majeure opérée par l’institution internationale après l’abandon du classement Doing Business. Business Ready se veut un outil plus opérationnel, destiné à mesurer non seulement les règles formelles encadrant l’activité économique, mais aussi la capacité réelle des entreprises à les utiliser au quotidien. L’approche intègre ainsi la réglementation, la qualité des services publics et l’efficacité opérationnelle, afin de refléter plus fidèlement les conditions d’exercice des affaires.
Le rapport repose sur une architecture analytique élargie, structurée autour de trois piliers déclinés en dix thématiques couvrant l’ensemble du cycle de vie de l’entreprise. Plus de 1 200 indicateurs sont mobilisés pour apprécier la réalité économique au-delà des textes, notamment en matière de création d’entreprise, d’accès aux services, de fonctionnement des marchés et de résolution des litiges.
Avec un score de 62,41 %, le Maroc se situe à environ 14 points du meilleur résultat observé dans l’échantillon, fixé à 76,70 %. La Banque mondiale souligne que ce niveau reflète un potentiel encore inachevé, porté par un cadre réglementaire relativement lisible, mais freiné par des disparités dans la mise en œuvre administrative et institutionnelle. Ces écarts constituent, selon l’institution, l’un des principaux facteurs expliquant les performances intermédiaires enregistrées par plusieurs économies évaluées.
Sur certaines phases d’entrée sur le marché, le Royaume affiche néanmoins des résultats supérieurs à la moyenne du panel. Les indicateurs liés à la création et à l’implantation des entreprises traduisent des progrès en matière de simplification administrative, de clarification des procédures et de transparence réglementaire.
Présenté comme un outil de pilotage des politiques publiques, Business Ready vise moins à établir un classement qu’à identifier des leviers de réforme à fort impact. Pour le Maroc, le rapport souligne l’importance de renforcer la qualité des services publics, d’accélérer la digitalisation effective et d’améliorer l’efficience des mécanismes administratifs et judiciaires afin de réduire l’écart entre cadre réglementaire et réalité opérationnelle.
MK/Sf/APA







