Le président-directeur général de Dangote Industries Limited, Aliko Dangote, s’est joint mercredi à plusieurs dirigeants africains pour lancer les travaux d’une raffinerie de pétrole et d’un complexe pétrochimique d’un coût annoncé de 16 milliards de dollars à Lamu, au Kenya.
Baptisé Dangote East Africa Petroleum Refinery & Petrochemicals, le nouveau complexe industriel du groupe nigérian au Kenya devrait disposer d’une capacité de traitement de 700 000 barils de pétrole brut par jour et être destiné à approvisionner plusieurs marchés d’Afrique de l’Est.
Selon Aliko Dangote, les travaux devraient s’achever dans un délai de 40 mois. Le projet prévoit notamment un important volet consacré au contenu local, avec la création d’opportunités d’emploi pour les diplômés qualifiés de Lamu et la formation de plus de 1 000 jeunes du comté aux métiers techniques liés à l’industrie pétrolière et pétrochimique.
Le groupe Dangote prévoit également d’ouvrir 30 % du capital de la raffinerie aux pays d’Afrique de l’Est. Cette participation régionale vise, selon l’industriel, à permettre aux États de la région de prendre part à la propriété du projet et de bénéficier davantage de la valeur générée par l’investissement.
Une infrastructure à vocation régionale
Le projet devrait comprendre, outre la raffinerie, des unités de production de polypropylène et d’huiles de base ainsi qu’une capacité de production d’électricité pouvant atteindre 1 000 mégawatts.
L’infrastructure est conçue pour approvisionner plusieurs marchés de la région, notamment le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie, l’Éthiopie, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo.
« Cette raffinerie ne concerne donc pas seulement un pays. Elle concerne toute une région », a déclaré Aliko Dangote.
L’homme d’affaires a indiqué que le groupe avait déjà commencé à mobiliser les équipements et les ressources techniques nécessaires à la réalisation du projet. Il compte notamment s’appuyer sur l’expérience acquise lors de la construction de la raffinerie Dangote à Lagos, au Nigéria.
Selon lui, le complexe de Lamu figure parmi les projets industriels que son groupe entend réaliser dans les délais les plus courts, avec l’ambition de démontrer que les entreprises africaines sont capables de conduire des projets industriels complexes à grande échelle.
Formation et emplois locaux
Le volet consacré au développement des compétences occupe une place importante dans le projet. Dangote Industries Limited prévoit la création d’un centre de formation destiné à développer les compétences techniques nécessaires à la construction et à l’exploitation de la raffinerie.
Plus de 1 000 jeunes issus des communautés d’accueil devraient bénéficier de formations techniques et professionnelles. Des diplômés qualifiés de Lamu devraient également pouvoir participer aux différentes phases du projet.
« Nous voulons que de jeunes Kényans et d’autres jeunes d’Afrique de l’Est acquièrent des compétences ici. Nous voulons que les entreprises locales deviennent des fournisseurs. Nous voulons des entrepreneurs autour de ce projet », a déclaré Aliko Dangote.
L’industriel a ajouté que la réussite du projet ne devrait pas être mesurée uniquement à la taille des installations ou au volume de pétrole traité, mais également au nombre de jeunes formés, à l’émergence d’entreprises locales et à l’amélioration des conditions de vie des communautés.
« L’industrialisation doit avoir un visage humain. Elle doit créer de la dignité, des emplois, des opportunités et de l’espoir », a-t-il déclaré, selon des médias locaux.
60 000 emplois attendus
Le président kényan William Ruto a évalué le coût du projet à 16 milliards de dollars, soit environ 2 000 milliards de shillings kényans. Il l’a présenté comme un « projet générationnel » destiné à bénéficier au Kenya et à l’ensemble de l’Afrique de l’Est.
Selon le chef de l’État kényan, le projet devrait contribuer à la création d’environ 60 000 emplois directs et indirects.
Il a appelé les établissements d’enseignement technique et professionnel ainsi que les universités à préparer les compétences nécessaires, notamment des soudeurs, techniciens, ingénieurs et cadres, afin de répondre aux besoins en main-d’œuvre du complexe.
William Ruto a également souligné la nécessité de garantir aux jeunes de Lamu et des communautés environnantes un accès équitable aux possibilités d’emploi générées par le projet.
La seule phase de construction devrait injecter plus de 2 milliards de shillings kényans par mois en salaires dans l’économie locale, selon le président kényan. Ces revenus devraient bénéficier à plusieurs secteurs, notamment le commerce, l’hôtellerie, la restauration, le transport et le logement.
Une participation proposée aux pays de la région
Aliko Dangote a réaffirmé que 30 % du capital de la raffinerie seraient proposés aux pays d’Afrique de l’Est. Le Kenya et le Rwanda auraient déjà manifesté leur intérêt pour cette participation.
Cette formule vise à favoriser une plus grande implication des États africains dans les grands projets industriels réalisés sur le continent, en leur permettant de participer non seulement à leur développement, mais aussi à leur propriété et à la valeur économique qu’ils génèrent.
Pour Aliko Dangote, l’Afrique doit progressivement sortir d’un modèle dans lequel elle exporte ses matières premières avant d’importer les produits finis issus de leur transformation.
« Nous devons raffiner davantage ce que nous produisons. Nous devons transformer davantage ce que nous produisons. Nous devons conserver davantage de valeur ici, en Afrique », a-t-il déclaré.
Le projet de Lamu s’inscrit ainsi dans une stratégie visant à renforcer les capacités de transformation industrielle du continent et à accroître l’intégration économique entre les pays d’Afrique de l’Est.
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