En affirmant que l’Europe et l’Afrique « misent » sur le gaz algérien, le ministre algérien des Hydrocarbures Mohamed Arkab a livré un discours volontariste qui contraste avec les contraintes structurelles du secteur énergétique algérien et les limites de sa projection internationale.
Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, a soutenu que l’Algérie bénéficie d’un positionnement géographique stratégique et de « potentialités importantes » en hydrocarbures et ressources minières, estimant que la majorité des pays européens recherchent aujourd’hui le gaz algérien. Une affirmation récurrente dans la communication officielle, qui s’inscrit dans le contexte de recomposition des approvisionnements énergétiques européens, mais qui demeure peu étayée par des données publiques précises sur les volumes, les contrats ou les capacités excédentaires réellement mobilisables.
Le ministre a également mis en avant les atouts du pays dans les énergies nouvelles et renouvelables, présentant l’Algérie comme un futur acteur central de la satisfaction des besoins énergétiques régionaux. Cette ambition se heurte toutefois à un décalage persistant entre annonces stratégiques et réalisations effectives. Le développement des énergies renouvelables reste marginal dans le mix énergétique national, largement dominé par le gaz, tandis que les investissements structurants tardent à produire des résultats visibles à grande échelle.
Selon M. Arkab, ces facteurs conforteraient la place de l’Algérie comme acteur majeur sur la scène énergétique internationale, en Afrique et dans le bassin méditerranéen. La stratégie nationale évoquée, fondée sur la diversification des sources, la valorisation des ressources naturelles et le renforcement des investissements, reste pour l’heure essentiellement déclarative. Les observateurs soulignent que la dépendance à la rente gazière demeure élevée et que les réformes destinées à améliorer l’attractivité du secteur pour les investisseurs étrangers progressent lentement.
L’annonce d’un appel d’offres prévu en juin pour l’exploitation des hydrocarbures dans 24 périmètres vise, selon le ministre, à renforcer la production nationale et à maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur. Là encore, l’initiative suscite des interrogations sur la capacité du cadre réglementaire, de la gouvernance et des conditions contractuelles à attirer durablement les majors internationales, dans un contexte marqué par l’instabilité des règles et un interventionnisme étatique prononcé.
Sur le volet électrique, Mohamed Arkab a affirmé que l’Algérie figure parmi les pays leaders de la production, du transport et de la distribution d’électricité, évoquant l’intérêt de plusieurs pays européens et la volonté, portée par le président Abdelmadjid Tebboune, de pénétrer les marchés africains. Il a cité Sonelgaz comme un opérateur disposant de compétences élevées. Toutefois, les ambitions d’exportation se heurtent à des contraintes techniques, financières et géopolitiques, ainsi qu’à la priorité donnée à la satisfaction d’une demande intérieure en forte croissance.
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