Des déclarations élogieuses de l’Afrec sur le rôle d’Alger dans la sécurité énergétique africaine interviennent dans un contexte où la dépendance aux hydrocarbures demeure structurelle.
L’Algérie est présentée comme un « pivot » de la sécurité énergétique en Afrique. Cette appréciation émane du directeur exécutif de la Commission africaine de l’énergie (Afrec), Rashid Ali Abdellah, dont le discours a été lu à Alger par Samson Bel-Aube Nougbodohoue lors d’un dîner iftar organisé par le Centre arabo-africain pour l’investissement et le développement.
Selon l’Afrec, l’expertise algérienne dans les hydrocarbures et le déploiement annoncé d’un programme ambitieux en énergies renouvelables (ENR) confèrent au pays une position centrale dans « l’ingénierie énergétique africaine », en raison notamment de sa situation géographique entre Afrique et Europe.
L’intervenant a souligné la capacité de l’Algérie à assurer des taux de couverture énergétique élevés, en particulier dans l’électricité, et a rappelé la date du 24 février 1971, marquant la nationalisation des hydrocarbures. Il a appelé les pays africains à exploiter rationnellement leurs ressources en pétrole, gaz et énergies renouvelables, invitant à tirer parti de l’expérience de pays « à l’instar de l’Algérie ».
Fin décembre, lors d’une visite à Alger, Rashid Ali Abdellah avait également mis en avant la coopération avec l’Afrec dans les domaines de la maîtrise de l’énergie, de la transition énergétique, de l’hydrogène vert et du solaire.
Ces déclarations interviennent toutefois dans un contexte où le modèle énergétique algérien reste fortement tributaire des hydrocarbures. Les recettes pétrolières continuent de représenter une part déterminante des ressources publiques, ce qui expose l’économie aux fluctuations des marchés internationaux. Si les autorités mettent en avant un programme ambitieux en ENR, les capacités renouvelables installées demeurent modestes au regard du potentiel solaire annoncé et des objectifs affichés en matière de transition énergétique.
Sur le plan continental, Alger entend également capitaliser sur cet affichage stratégique à travers l’organisation de la 12e Conférence africaine sur l’investissement et le commerce, prévue les 9 et 10 mai à Alger. Selon Mohamed Amine Boutalbi, président du Centre organisateur, 43 pays sont attendus, avec environ 380 opérateurs économiques déjà inscrits. Le nombre total de participants devrait atteindre 1 500, pour une valeur d’accords annoncée entre 1,4 et 1,8 milliard de dollars. L’énergie constituera le محور central de cette rencontre.
Si l’Algérie revendique un rôle de pont énergétique entre l’Afrique et l’Europe, la consolidation de ce statut dépendra de sa capacité à accélérer effectivement sa transition vers les renouvelables et à réduire la dépendance budgétaire aux hydrocarbures. Entre ambition continentale et contraintes structurelles internes, le positionnement énergétique d’Alger reste à l’épreuve des réformes et de la diversification réelle de son mix énergétique.
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