Vingt et une personnes ont péri et une autre a survécu au naufrage d’une pirogue transportant des candidats à la migration irrégulière au large de Kébémer, dans la région de Louga, au nord-ouest du Sénégal, selon un bilan provisoire communiqué samedi soir par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique.
Dans un communiqué, le ministère indique que le bilan arrêté au soir du 7 novembre 2026 fait état de 21 corps sans vie et d’un rescapé, sans préciser le nombre total de personnes qui se trouvaient à bord ni les circonstances exactes du naufrage.
Les services compétents de l’État ont été mobilisés pour poursuivre les recherches, porter secours à d’éventuels survivants et accompagner les familles des victimes.
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique a présenté, au nom du président de la République et du gouvernement, ses condoléances aux familles endeuillées. Il est attendu sur les lieux lundi 9 novembre pour témoigner de la solidarité de l’État aux proches des victimes et aux populations affectées.
Ce nouveau drame intervient dans un contexte de persistance des départs clandestins depuis les côtes sénégalaises et gambiennes vers les îles Canaries, malgré les opérations de surveillance maritime et de démantèlement des réseaux de passeurs.
Le 7 novembre, APA rapportait le démantèlement de plusieurs réseaux de trafic de migrants dans les régions de Ziguinchor et de Thiès. Ces opérations avaient permis l’interpellation de 17 personnes et la prise en charge de 114 candidats à l’émigration irrégulière. L’un des réseaux projetait notamment d’organiser le départ d’environ 175 personnes vers l’Espagne, moyennant entre 400 000 et 500 000 FCFA par candidat.
Le 23 octobre, 378 candidats à l’émigration irrégulière avaient également été interpellés en trois jours dans la région de Fatick, avec la saisie de pirogues, de moteurs hors-bord et de 5 800 litres de carburant.
La région de Saint-Louis, également située sur la façade atlantique nord du pays, a été confrontée à des incidents similaires. Le 20 octobre, 171 migrants, dont 37 Sénégalais et 114 Gambiens, avaient été secourus après l’échouement de leur pirogue à Pilote Bar, dans la commune de Gandiol. L’embarcation avait quitté les côtes gambiennes cinq jours auparavant avec l’Espagne pour destination.
Cette pression migratoire s’inscrit dans une recomposition des routes empruntées par les candidats au départ. Dans une analyse publiée le 22 octobre, APA relevait que le renforcement des contrôles au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc contribuait à déplacer certains points d’embarquement vers la Gambie, allongeant ainsi les traversées vers les Canaries et exposant davantage les migrants aux risques en mer.
En septembre, plus de 1 000 migrants avaient été secourus en une semaine à bord de sept embarcations parties de Gambie vers l’archipel espagnol. La majorité des rescapés étaient originaires du Sénégal et de la Gambie.
Face à la persistance du phénomène, le gouvernement sénégalais réaffirme sa détermination à combattre les réseaux de passeurs, notamment à travers une coopération renforcée avec les pays voisins. Il appelle également à la vigilance face aux dangers de la migration irrégulière et rappelle son engagement en faveur de l’insertion socio-économique des jeunes.
AC/APA





