La 18e Conférence africaine sur la recherche en informatique et en mathématiques appliquées (CARI 2026) s’est ouverte jeudi à Cotonou, avec l’ambition de faire de la recherche scientifique, de l’intelligence artificielle et de l’innovation technologique des leviers de transformation du continent.
Réunis autour du thème « Mathématiques et informatique appliquées : des solutions innovantes pour construire l’Afrique de demain », des chercheurs, universitaires, doctorants et experts africains et internationaux entendent réfléchir aux moyens de traduire les avancées scientifiques en réponses concrètes aux défis économiques et sociaux de l’Afrique.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par la ministre béninoise de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Sèdami Medegan Fagla, en présence du ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéou. Organisée par l’Institut de formation et de recherche en informatique (IFRI), avec l’appui du ministère de tutelle, cette rencontre place au cœur des débats la capacité des pays africains à produire leurs propres connaissances et à maîtriser les technologies qui façonnent leur avenir.
Au-delà des avancées techniques, l’enjeu est de rapprocher les laboratoires des besoins des populations. Pour Janvier Yahouédéou, le développement du continent ne repose pas uniquement sur la production de connaissances scientifiques, mais également sur la capacité à les transformer en solutions utiles. Il a ainsi appelé à faire de cette conférence un point de départ pour de nouvelles collaborations entre les chercheurs et les collectivités territoriales africaines.
Cette orientation souligne la nécessité de mieux intégrer la recherche dans les politiques publiques et les stratégies locales de développement, notamment pour répondre aux défis de l’aménagement du territoire, de la gestion des ressources et de l’amélioration des services aux citoyens.
De son côté, Sèdami Medegan Fagla a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de ne pas rester spectatrice de la révolution numérique, mais de participer activement à sa conception et à son orientation. Elle a structuré cette ambition autour de trois priorités : la formation, la recherche et la sécurisation des infrastructures numériques.
Le renforcement des compétences scientifiques et techniques, en particulier dans les mathématiques et l’informatique, constitue, selon la ministre, une condition essentielle pour préparer les jeunes aux métiers de demain. À cet égard, elle a évoqué les Olympiades nationales d’intelligence artificielle organisées en juin 2026 au Bénin, auxquelles 150 jeunes ont participé. Huit d’entre eux ont ensuite représenté le pays à Astana.
La deuxième priorité porte sur le soutien aux laboratoires, aux écoles doctorales et aux publications scientifiques, afin d’accroître la visibilité des travaux menés au Bénin et, plus largement, en Afrique. L’objectif est de consolider les capacités locales de recherche et de favoriser l’émergence de solutions conçues sur le continent.
La troisième concerne la souveraineté numérique. La sécurisation des infrastructures, la protection des données et le renforcement de la cybersécurité apparaissent comme des conditions indispensables à une utilisation maîtrisée des technologies, notamment de l’intelligence artificielle.
Pendant quatre jours, les participants à la CARI 2026 prendront part à des panels et à des sessions scientifiques consacrés aux avancées en informatique, en mathématiques appliquées et à leurs domaines d’application.
À travers cette rencontre, Cotonou entend ainsi contribuer à une réflexion continentale sur un défi majeur : faire de l’expertise scientifique africaine un instrument de développement, tout en renforçant la capacité des pays à concevoir des technologies adaptées à leurs réalités et à leurs priorités.
Les organisateurs espèrent que les échanges déboucheront sur de nouvelles découvertes, des partenariats durables et des solutions africaines aux défis du continent, avec l’ambition de contribuer également au progrès scientifique mondial.
TE/Sf/APA




