Le gouvernement sénégalais a annoncé un programme de renouveau urbain et d’habitat doté de près de 3 000 milliards de francs CFA, visant à développer de nouvelles villes, à réduire le coût du logement et à restructurer les quartiers urbains sur une période de 15 ans.
Présenté jeudi à Dakar par le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire, Moussa Bala Fofana, à l’ouverture de la 6e édition du Salon international de l’habitat (SENHABITAT 2026), le Programme national de renouveau urbain et d’habitat souverain (PNRUHS) entre dans sa phase opérationnelle, conformément aux orientations de l’Agenda national Sénégal 2050.
Le programme repose sur un portefeuille de plus de 1 875 milliards de FCFA destiné aux villes nouvelles, auquel s’ajoute une enveloppe de 1 100 milliards de FCFA pour la restructuration urbaine sur 15 ans.
Face à la crise du logement, à la hausse des loyers et à l’expansion urbaine désordonnée, l’État entend mobiliser les investissements privés nationaux et internationaux tout en renforçant l’offre de logements accessibles. Les projets immobiliers agréés devront ainsi consacrer 50 % de leur offre aux logements sociaux et abordables et 50 % aux logements libres.
Pour faire baisser les coûts, les autorités comptent notamment sur la mise à disposition du foncier public, des mesures fiscales ciblées, le préfinancement des réseaux et l’utilisation de matériaux locaux. Le ministre a cité le mortier Teranga, dont l’utilisation permettrait, selon lui, de réduire jusqu’à 57 % le coût de construction de certaines infrastructures.
Le prix de référence d’un logement social de type F3, d’une superficie de 75 m², devrait passer de 23,84 millions à 19,07 millions de FCFA, soit une diminution d’environ 20 %. Un fonds renouvelable de 29,66 milliards de FCFA sera également mobilisé pour relancer les chantiers immobiliers à l’arrêt, notamment à travers l’achèvement des réseaux d’eau, d’électricité et des voies d’accès.
Pour concrétiser ces ambitions, le gouvernement s’appuie sur une réserve foncière nationale estimée à près de 17 800 hectares. À court terme, 14 sites stratégiques ont été retenus pour le lancement de 17 650 logements.
Dans le corridor Dakar–Thiès–Mbour, plus de 5 600 hectares sont déjà en cours d’aménagement, notamment à Daga Kholpa, Déni Birame Ndao, Yenne et Diacksao-Bambilor. La Nouvelle Ville de Thiès figure parmi les projets phares, avec un objectif de 136 000 logements répartis dans une centaine d’écoquartiers à vocation résidentielle, universitaire et industrielle.
Le programme prévoit également des aménagements dans plusieurs localités de l’intérieur du pays. Il s’agit notamment de Notto-Diobass, sur 900 hectares, de Diourbel, sur 40 hectares, et de Touba, où 36 zones d’aménagement concerté (ZAC) sont annoncées. Saint-Louis, Kaolack et Kédougou sont également concernées.
En parallèle, les autorités prévoient une vaste opération de restructuration des grandes agglomérations, notamment Dakar, Pikine, Guédiawaye, Thiès et Saint-Louis. Cette intervention portera sur 300 hectares et devrait permettre la réalisation de 45 000 logements décents, pour un financement de 1 100 milliards de FCFA étalé sur 15 ans.
La sécurisation du cadre de vie constitue un autre axe du programme, avec une attention particulière portée aux bâtiments menaçant ruine. Selon Moussa Bala Fofana, un audit national a identifié 14 000 édifices nécessitant un diagnostic à travers le pays.
Dans la région de Dakar, une enveloppe d’urgence de 24,6 milliards de FCFA a été mobilisée pour financer 14 opérations de reconstruction et de relogement sécurisé, notamment à la Médina, à Colobane, à la Biscuiterie et à Grand-Dakar.
À travers ce programme, l’État entend agir sur plusieurs fronts, de l’accès au logement à la modernisation des villes, en passant par la réduction des disparités territoriales et l’amélioration des conditions de vie des populations.
TE/Sf/APA





