La Tunisie veut renforcer sa présence sur le marché sénégalais de l’huile d’olive et faire de ce pays un point d’appui pour développer ses échanges avec l’Afrique de l’Ouest, à la faveur d’une rencontre économique organisée du 7 au 9 octobre à Dakar.
Une rencontre économique consacrée à la promotion de l’huile d’olive tunisienne, est organisée à l’initiative du ministère tunisien du Commerce et du Développement des Exportations et du Centre de promotion des exportations (CEPEX), avec le soutien de l’Ambassade de Tunisie à Dakar et l’appui de la GIZ Tunisie, dans le cadre du programme « Appui à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ».
Au-delà de la promotion d’un produit emblématique de l’agriculture tunisienne, les organisateurs veulent surtout identifier les opportunités commerciales offertes par le marché sénégalais et favoriser des partenariats durables entre les entreprises des deux pays.
Prenant la parole au nom du patronat sénégalais, le vice-président du Conseil national du patronat du Sénégal (CNP), Mohamed Seck, a insisté sur la position stratégique du Sénégal pour les entreprises tunisiennes souhaitant accéder au marché ouest-africain.
« Le Sénégal constitue une porte d’entrée importante vers l’Afrique de l’Ouest », a-t-il déclaré, estimant que les relations économiques entre les deux pays devaient désormais aller au-delà du simple échange commercial.
Selon lui, la Tunisie dispose d’un savoir-faire et d’une expertise industrielle et agroalimentaire susceptibles de trouver au Sénégal de nombreux débouchés.
« Nous devons passer progressivement du simple échange commercial à l’investissement, aux transferts de savoir-faire, à la création de joint-ventures et au développement du marché régional », a-t-il ajouté.
Miser sur les partenariats
Pour le responsable patronal sénégalais, l’huile d’olive tunisienne constitue un produit de qualité, mais l’enjeu principal réside dans la capacité des opérateurs des deux pays à construire des relations économiques durables.
Cette coopération pourrait notamment concerner la distribution, le développement de réseaux commerciaux, le conditionnement, l’agroalimentaire et la création de partenariats entre entreprises.
Le marché sénégalais peut ainsi servir de laboratoire pour une présence tunisienne plus importante en Afrique de l’Ouest, alors que les entreprises sénégalaises peuvent également tirer profit de l’expertise tunisienne dans le domaine de l’agroalimentaire.
« Le patronat sénégalais est naturellement favorable à ce type d’initiative, car nous sommes convaincus que le développement de nos économies passera aussi par une coopération plus forte entre nos entreprises privées », a souligné Mohamed Seck.
La Tunisie met en avant son potentiel oléicole
Le directeur général du CEPEX, Mourad Belhassi, a pour sa part présenté les performances de la filière oléicole tunisienne et les ambitions du pays sur les marchés internationaux, avec un intérêt particulier pour l’Afrique.
Il a rappelé que l’oléiculture constitue un secteur stratégique pour l’économie tunisienne, avec plus de deux millions d’hectares consacrés aux oliviers et un patrimoine estimé à environ 147 millions d’oliviers.
La Tunisie figure parmi les principaux acteurs mondiaux de l’huile d’olive et cherche désormais à renforcer la diversification géographique de ses exportations.
Selon les données présentées lors de la rencontre, les exportations tunisiennes d’huile d’olive ont enregistré une forte progression au cours de la campagne 2025-2026, avec plus de 380 000 tonnes exportées entre novembre 2025 et août 2026.
La valeur de ces exportations a atteint près de 5 milliards de dinars tunisiens, soit environ 1,4 milliard d’euros, selon les chiffres communiqués lors de la rencontre.
Une part importante de ces exportations est constituée d’huile d’olive vierge extra, tandis que les autorités tunisiennes souhaitent également accélérer la montée en gamme et le développement des produits conditionnés.
Dakar au cœur de la stratégie africaine
La volonté tunisienne de renforcer sa présence au Sénégal s’appuie notamment sur le bureau du CEPEX à Dakar, opérationnel depuis 2023.
Cette représentation doit faciliter la mise en relation entre les entreprises tunisiennes et sénégalaises et accompagner les opérateurs dans leur développement sur le marché local.
Pour les promoteurs de cette initiative, la proximité avec le marché constitue un facteur essentiel pour comprendre les attentes des consommateurs, identifier les circuits de distribution et développer des offres adaptées.
La rencontre de Dakar doit ainsi permettre aux entreprises tunisiennes de mieux appréhender le marché sénégalais et d’établir des contacts avec les importateurs, distributeurs et autres acteurs économiques locaux.
Le Sénégal comme porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest
L’ambition affichée dépasse toutefois le seul marché sénégalais. La position géographique et économique du Sénégal en fait un point d’accès potentiel aux marchés de l’Afrique de l’Ouest, dans le contexte de la mise en œuvre de la ZLECAf.
Cette perspective donne une dimension régionale à la démarche tunisienne et ouvre la voie à des projets pouvant associer exportation, distribution, investissement et partenariat industriel.
Pour Mohamed Seck, l’objectif de ces rencontres est avant tout de déboucher sur des résultats concrets.
« Beaucoup de contacts, beaucoup de contrats et des partenariats concrets », a-t-il souhaité, avant d’adresser aux partenaires tunisiens ses vœux de « très, très, très bonnes affaires ».
La rencontre de Dakar devrait ainsi constituer une nouvelle étape dans le rapprochement économique entre le Sénégal et la Tunisie, avec l’huile d’olive comme produit d’appel pour une coopération commerciale plus large.
TE/APA





