La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) veut renforcer les mécanismes locaux de prévention des conflits liés à la transhumance, à l’approche de la nouvelle saison, a-t-on appris mercredi à Carnot.
Quelque 43 représentants des autorités administratives et communales, des services techniques de l’État centrafricain, des organisations d’agriculteurs et d’éleveurs ainsi que des communautés locales participent, les 6 et 7 octobre, à un atelier consacré à la gestion pacifique de la transhumance.
Organisée avec l’appui de la MINUSCA, la rencontre vise à anticiper les tensions susceptibles d’opposer agriculteurs et éleveurs autour de l’accès aux ressources naturelles, du respect des couloirs de passage des troupeaux et des dégâts causés aux cultures.
Selon les données présentées au cours de l’atelier, au moins 131 incidents liés à la transhumance ont été enregistrés en République centrafricaine durant la saison 2025-2026. Ils ont fait 35 morts et 32 blessés.
Face à cette situation, les participants plaident pour le renforcement des mécanismes d’alerte précoce, du dialogue communautaire et du partage d’informations afin de prévenir les affrontements.
Dans la préfecture de la Mambéré, les acteurs locaux font toutefois état d’une amélioration de la situation sécuritaire liée à la transhumance.
« À mon arrivée en décembre 2024, les assassinats liés à la transhumance étaient fréquents. Depuis l’atelier organisé par la MINUSCA à Carnot en 2025, la situation s’est nettement apaisée », a indiqué Serge Simplice Ondiolé Sio, chef du service préfectoral de l’élevage de la Mambéré.
Il a cependant relevé la persistance de quelques incidents isolés, notamment dans le centre-ville de Carnot et sur l’axe Carnot-Baoro.
La sensibilisation des populations constitue également l’un des leviers privilégiés par les acteurs locaux. Les chefs de quartier, chefs de groupe et responsables d’associations de jeunesse sont mobilisés pour promouvoir la coexistence pacifique entre agriculteurs et éleveurs et favoriser le respect de la réglementation sur la transhumance.
Ouvrant les travaux, le préfet de la Mambéré, Arnauld Guy Clemenceau, a salué l’implication des différents acteurs dans la consolidation de la paix et de la sécurité.
Le maire de Carnot, Alourou Laurent, a, de son côté, appelé à anticiper l’arrivée des troupeaux et à identifier les risques afin d’éviter de nouvelles tensions.
Pour la MINUSCA, l’enjeu est de renforcer le leadership des autorités locales et la coordination entre les différents acteurs intervenant dans la gestion de la transhumance, a rappelé son chargé de l’information publique, Dramane Daravé.
Les échanges portent notamment sur la cartographie des zones à risque, les mécanismes d’alerte précoce et l’amélioration de la circulation de l’information entre les autorités, les communautés, les agriculteurs et les éleveurs.
Les travaux devraient aboutir à l’élaboration d’un plan d’action conjoint pour la saison 2026-2027, avec une répartition précise des responsabilités.
À Carnot, les autorités locales et leurs partenaires entendent ainsi privilégier la prévention et le dialogue pour consolider la baisse des violences observée dans la Mambéré et favoriser une coexistence pacifique durable entre agriculteurs et éleveurs.
DM/te/Sf/APA





