Les commerçants ougandais, kényans, érythréens et burundais exerçant dans le petit commerce à Juba ont été invités à quitter le secteur de la vente au détail et à céder leurs activités aux ressortissants sud-soudanais, a appris APA mercredi.
Une mesure de restriction du petit commerce des étrangers au Soudan du Sud a été annoncée mardi par Kalisto Lado, commissaire intérimaire du comté de Juba, lors d’un visite au marché de Kuburi Haboba, dans la capitale sud-soudanaise.
Selon le responsable, les ressortissants étrangers ne devraient plus exploiter des stands de chapati, exercer comme conducteurs de boda-boda ou vendre au détail des produits de première nécessité tels que les tomates, les oignons et le charbon de bois.
« Quelqu’un ne devrait pas venir de son pays pour faire du chapati, vendre au détail des kilos d’oignons et de tomates à Juba. Que vont vendre nos femmes au Soudan du Sud ? », s’est interrogé M. Lado.
La directive pourrait affecter les moyens de subsistance de milliers de commerçants est-africains établis dans la capitale sud-soudanaise, où les communautés étrangères occupent une place importante dans l’économie informelle.
M. Lado a toutefois précisé que les commerçants étrangers pourraient continuer à exercer dans le pays, à condition de privilégier le commerce de gros, la fabrication et l’importation de marchandises.
Il a également appelé les étrangers désireux de poursuivre leurs activités à formaliser leurs entreprises, assurant que leur sécurité serait garantie, tout en maintenant le principe d’un commerce de détail réservé aux Sud-Soudanais.
Cette position de Kalisto Lado n’est pas nouvelle. En 2021, alors qu’il était maire de Juba, il avait déjà plaidé pour l’interdiction du petit commerce aux étrangers et appelé ces derniers à investir davantage dans le commerce de gros, les usines et l’industrie.
Les ressortissants ougandais seraient parmi les plus exposés à cette mesure. Présents depuis plusieurs années au Soudan du Sud, ils jouent un rôle important dans l’économie informelle de Juba, notamment dans les épiceries, les services de taxi et de boda-boda, les salons de coiffure et les ateliers de mécanique.
L’importance de cette communauté avait notamment été mise en évidence lors des combats de juillet 2016 à Juba. À l’époque, le chef d’état-major des forces de défense ougandaises (UPDF), Léopold Kyanda, avait indiqué que l’armée préparait une opération visant à évacuer quelque 3 000 ressortissants ougandais bloqués dans la capitale.
La décision sud-soudanaise intervient dans un contexte régional marqué par des mesures similaires visant à protéger les petits commerçants locaux. Le 2 septembre, le président kényan William Ruto avait notamment ordonné un renforcement des mesures contre les étrangers exerçant de petites activités commerciales, estimant que les commerçants et vendeurs ambulants kényans devaient être protégés.
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