Les forces de sécurité fédérales somaliennes ne disposent pas encore des capacités militaires nécessaires pour prendre pleinement le relais de la Mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM) et contenir les activités d’al-Shabaab, groupe islamiste affilié à Al-Qaïda, selon un rapport de l’International Crisis Group (ICG) consulté jeudi par APA.
Les autorités somaliennes n’ont toujours pas la capacité de se substituer à l’AUSSOM après le départ de cette mission onusienne, une situation difficile au moment où l’organisation terroriste al-Shabaab aurait récemment étendu son contrôle sur plusieurs zones rurales du pays. Selon le magazine Foreign Policy, le groupe y prélève des impôts et recrute de nouveaux combattants dans le but de renforcer son influence et de renverser le gouvernement basé à Mogadiscio.
D’après l’ICG, les forces de sécurité somaliennes restent fortement tributaires du soutien extérieur pour conduire leurs opérations militaires.
L’organisation souligne également que les divergences politiques entre le gouvernement fédéral et certains États membres de la Fédération, notamment le Puntland et le Jubaland, compliquent les efforts visant à mettre en place une armée nationale unifiée et opérationnelle.
« La Somalie a signé des accords de sécurité bilatéraux avec l’Ouganda, le Kenya et l’Éthiopie », relève le rapport. Ces accords pourraient permettre aux forces de ces trois pays de maintenir leur présence en Somalie, même en cas de réduction des effectifs de l’AUSSOM ou de fin de la mission.
Les États-Unis devraient, pour leur part, poursuivre leurs opérations antiterroristes en Somalie contre al-Shabaab, selon l’ICG.
L’organisation met toutefois en garde contre les conséquences d’une éventuelle interruption du soutien des Nations unies, assuré notamment par le Bureau d’appui des Nations unies en Somalie (UNSOS). Une telle situation pourrait réduire la capacité de l’AUSSOM à maintenir ses opérations au niveau actuel.
Les zones progressivement abandonnées par les forces de l’AUSSOM pourraient alors devenir vulnérables aux attaques d’al-Shabaab ou à ses tentatives de reconquête territoriale, prévient le rapport.
Le Bas-Shabelle et le Moyen-Shabelle figurent parmi les régions nécessitant une planification sécuritaire particulière. Certaines villes ainsi que des axes routiers stratégiques pourraient avoir besoin de dispositifs de protection spécifiques à mesure que les forces internationales se retirent.
Selon l’ICG, les forces somaliennes, appuyées par les troupes des pays ayant conclu des accords de sécurité bilatéraux avec le gouvernement fédéral, pourraient contribuer à sécuriser ces zones après le retrait de l’AUSSOM.
L’organisation appelle ainsi le gouvernement somalien et ses partenaires internationaux à élaborer d’urgence un nouveau plan de sécurité avant l’arrêt complet du soutien de l’UNSOS. Elle avertit qu’une préparation insuffisante pourrait créer d’importantes failles sécuritaires durant la période de transition.
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