Le président guinéen Mamadi Doumbouya a justifié, samedi 19 septembre 2026, l’évacuation sanitaire à l’étranger de l’ancien président de l’Assemblée nationale Amadou Damaro Camara et de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, condamnés dans des procédures distinctes par la CRIEF.
Dans une adresse à la nation, Mamadi Doumbouya a indiqué avoir autorisé leur évacuation « à titre exceptionnel et pour des raisons exclusivement sanitaires », après avoir été informé et documenté de leur état de santé, selon son message publié samedi.
« Cette décision n’est ni une amnistie, ni une grâce, ni un arrangement. Elle est un acte d’humanité », a déclaré le chef de l’État guinéen.
Cette décision fait suite à celle du parquet spécial près la CRIEF, qui avait autorisé, le 10 septembre, les deux anciens responsables à quitter temporairement la Guinée pour recevoir des soins à l’étranger. Le parquet avait précisé que cette mesure ne mettait pas fin aux procédures judiciaires les concernant, selon le document publié par l’Ambassade de Guinée en Espagne.
Kassory Fofana, ancien Premier ministre sous Alpha Condé, a été condamné en appel le 2 juillet 2026 à trois ans et neuf mois de prison et à deux milliards de francs guinéens d’amende pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, selon le parquet spécial.
Amadou Damaro Camara a, pour sa part, été condamné en appel le 22 mai 2025 à trois ans et six mois de prison et à cinq millions de francs guinéens d’amende pour détournement de deniers publics, selon la même source.
Damaro Camara a quitté Conakry le 16 septembre à destination des États-Unis, tandis que Kassory Fofana est parti le 18 septembre pour Paris à bord d’un vol médicalisé, rapportent respectivement AfricaGuinée et Guinee28.
Mamadi Doumbouya a réaffirmé que les condamnations demeuraient pleinement valables. « Les décisions rendues conservent l’intégralité de leur autorité : aucune d’entre elles n’est effacée, aucune n’est révisée, aucune n’est négociée », a-t-il déclaré.
Le président guinéen a également appelé à une réconciliation nationale fondée, selon lui, sur la vérité et la justice, tout en citant l’éducation, la santé, l’accès à l’eau et à l’électricité et l’emploi des jeunes parmi les priorités nationales.
AC/APA





