Malgré les progrès réalisés vers la couverture sanitaire universelle, environ 609 millions de personnes dans la Région africaine de l’OMS ne bénéficiaient toujours pas, en 2025, d’une couverture complète en services de santé essentiels, un chiffre qui pourrait atteindre 652 millions d’ici 2030 au rythme actuel.
La carence en matière de couverture sanitaire complète, touchant 609 millions de personnes en 2025, selon l’OMS, s’explique par une croissance démographique plus rapide que les avancées enregistrées dans l’accès aux soins, selon les données examinées par les responsables de la santé publique des 47 Etats membres de la Région africaine réunis à Lomé, du 15 au 17 septembre 2026.
La protection financière constitue également un défi majeur. Le nombre de personnes confrontées à des difficultés financières liées aux dépenses de santé est passé de 391 millions en 2017 à 491 millions en 2025 et pourrait atteindre 561 millions en 2030 si la tendance actuelle se poursuit.
« La Région africaine a démontré qu’il est possible de progresser vers la couverture sanitaire universelle. Mais les données montrent clairement que le rythme actuel ne suffira pas », a déclaré le Dr Abdourahmane Diallo, Directeur de la Gestion des Programmes.
Depuis l’adoption du Cadre d’action régional pour la couverture sanitaire universelle en 2017, les pays africains ont enregistré des avancées. Le nombre d’Etats présentant un indice de couverture des services inférieur à 40 est notamment passé de 17 à deux entre 2017 et 2025.
Cependant, la majorité des pays restent dans la fourchette de 40 à 59 et, selon les trajectoires actuelles, aucun Etat membre ne devrait atteindre un indice de 80 d’ici 2030, ce qui souligne l’ampleur des efforts encore nécessaires.
Les systèmes de santé doivent par ailleurs faire face à une combinaison de défis liés aux évolutions démographiques, aux inégalités, à la charge croissante des maladies, aux urgences sanitaires récurrentes, aux changements climatiques et aux contraintes budgétaires.
Dans ce contexte, le renforcement des soins de santé primaires figure parmi les priorités identifiées par les responsables réunis à Lomé. Il s’agit notamment de rapprocher des populations des services de santé de qualité, intégrés et continus, tout en renforçant la protection financière.
L’accélération vers la couverture sanitaire universelle devra également passer par des effectifs de santé adaptés aux besoins, un accès fiable aux médicaments, produits et technologies essentiels ainsi qu’une meilleure utilisation des données dans la prise de décision.
La réunion de Lomé doit permettre aux pays de partager leurs expériences, d’identifier les approches ayant produit des résultats et de définir des priorités adaptées aux réalités nationales. Les conclusions contribueront à orienter les priorités régionales à l’horizon 2030 et au-delà, conformément au Plan stratégique 2030 et à la Vision régionale 2035 de l’OMS pour l’Afrique.
TE/Sf/APA





