Les faibles précipitations enregistrées durant la principale saison des pluies en Éthiopie font craindre une forte baisse de la production agricole et une aggravation de l’insécurité alimentaire dans plusieurs régions du pays, selon le réseau de systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS NET).
Dans sa mise à jour des perspectives de sécurité alimentaire pour la période d’août 2026 à janvier 2027, publiée mardi, le réseau FEWS NET indique que les précipitations ont été inférieures de plus de 50 % à la moyenne dans une grande partie de l’ Éthiopie, faisant peser des risques importants sur la saison agricole Meher (des semis en juin-juillet au mois de décembre).
Cette saison représente plus de 85 % de la production agricole nationale. Les déficits pluviométriques ont retardé les semis et perturbé le développement des cultures, notamment dans le nord, le centre et l’est du pays, avec des récoltes céréalières attendues en dessous de la moyenne.
Cette situation devrait réduire les stocks alimentaires et les revenus tirés du travail agricole, alors que de nombreux ménages dépendent directement de l’agriculture et de l’élevage pour leurs moyens de subsistance.
Le FEWS NET prévoit que des niveaux d’insécurité alimentaire correspondant à la phase 3 « Crise » du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) persisteront jusqu’en janvier 2027 dans plusieurs zones agricoles et pastorales touchées par la sécheresse. Certains ménages pourraient même atteindre la phase 4 « Urgence ».
Les récoltes attendues en octobre devraient toutefois améliorer temporairement l’accès à la nourriture et aux revenus dans certaines régions du centre et du sud. La faiblesse de la production devrait néanmoins maintenir les conditions de crise dans les zones les plus durement touchées du nord et de l’est.
L’Éthiopie aborde cette période de perturbations climatiques dans un contexte humanitaire déjà difficile, marqué par les conflits, les déplacements de population, les difficultés économiques et les perturbations répétées de la production agricole.
La FAO recherche ainsi 50 millions de dollars pour soutenir 4,66 millions de personnes confrontées à une aggravation de l’insécurité alimentaire et à des pertes de moyens de subsistance, tandis que le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur les risques liés aux chocs climatiques pour les populations vulnérables de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe.
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