Quelques mois après avoir été pointé dans une étude sur le commerce illégal d’espèces sauvages, Meta est de nouveau interpellé sur l’usage de ses plateformes par les trafiquants, cette fois dans le contexte des réformes prévues après un règlement judiciaire aux États-Unis.
Selon le Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC), Meta a accepté le mois dernier de verser entre 12,1 et 17,1 milliards de dollars et de modifier plusieurs fonctionnalités de ses plateformes dans le cadre du règlement d’une procédure engagée par plusieurs États américains.
Le GI-TOC a appelé Meta à prendre en compte le trafic d’espèces sauvages dans les réformes engagées après le règlement judiciaire conclu aux États-Unis concernant la sécurité des enfants sur Facebook et Instagram.
Cette nouvelle alerte intervient quelques mois après la publication d’une étude du GI-TOC qui pointait déjà l’utilisation des plateformes de Meta dans le commerce illégal d’espèces sauvages. Le nouvel examen publié mercredi met davantage l’accent sur les fonctionnalités des plateformes et sur les possibilités de les adapter à la lutte contre ces trafics.
L’organisation estime que les enseignements de cette procédure pourraient également s’appliquer à la lutte contre le commerce illégal d’espèces sauvages sur les plateformes de Meta.
Elle s’appuie notamment sur les données de son système de surveillance ECOSOLVE. Entre avril 2024 et mars 2026, celui-ci a recensé 21 904 annonces liées au commerce illégal d’espèces sauvages sur 61 plateformes.
Facebook représentait 16 290 annonces, soit 74,37 % du total recensé, ainsi que 98,53 % des quelque 66 millions de dollars de valeur affichée, selon le GI-TOC.
L’organisation indique également que 84 % des annonces concernaient des espèces inscrites à l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).
Le rapport relève notamment l’utilisation de groupes thématiques, de comptes sous pseudonyme, de publications anonymes et de systèmes de recommandation pour mettre en relation vendeurs et acheteurs.
Selon le GI-TOC, 78 % des annonces Facebook recensées avaient été découvertes sans recherche active de la part des utilisateurs.
Les échanges peuvent ensuite se poursuivre sur Messenger, WhatsApp ou d’autres canaux privés pour les négociations, le paiement et la livraison, ajoute l’organisation.
Le GI-TOC identifie ainsi les systèmes de recommandation, l’architecture des groupes, la détection multilingue des contenus et le contrôle des comptes récidivistes comme des leviers susceptibles d’être mobilisés contre le trafic d’espèces sauvages.
L’organisation préconise notamment de limiter la recommandation de contenus liés au commerce illégal d’espèces sauvages, de renforcer la détection des annonces et des réseaux de vendeurs récidivistes et d’améliorer l’accès des chercheurs et des autorités compétentes aux données relatives à la modération et à l’application des règles.
Le GI-TOC souligne toutefois que les mesures prévues dans le règlement judiciaire portent principalement sur la sécurité des enfants et ne ciblent pas directement le trafic d’espèces sauvages.
Pour l’organisation, les réformes engagées par Meta constituent néanmoins une occasion d’examiner plus largement les fonctionnalités susceptibles d’être utilisées par différents marchés illicites sur ses plateformes.
AC/Sf/APA





