Les pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES), le Burkina Faso, le Mali et le Niger, disposent d’importantes réserves d’or, d’uranium, de lithium, de fer, de manganèse et de phosphates, selon des données présentées lundi à Ouagadougou lors d’une conférence sur le potentiel du sous-sol sahélien.
La conférence publique inaugurale de la 8e Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), couplée à la première Semaine de l’Energie, des Mines et des Hydrocarbures de l’AES (SEMH-AES), s’est tenue à l’Université Joseph-Ki-Zerbo, à la veille de l’ouverture officielle des deux événements.
Le directeur national de la Géologie et des Mines du Mali, Issa Coulibaly, a notamment fait état de 521 248 tonnes de réserves d’uranium au Niger, représentant, selon sa présentation, 36 % des réserves africaines et 5 % de la production mondiale.
L’or demeure l’un des principaux minerais exploités dans l’espace AES. Le Mali et le Burkina Faso affichent chacun une production industrielle annuelle comprise entre 50 et 65 tonnes, selon les données présentées au cours des échanges.
Le lithium constitue également une ressource stratégique. Au Mali, les gisements de Goulamina et de Bougouni totaliseraient plus de 200 millions de tonnes de réserves, avec une capacité visée de 500 000 tonnes de concentré par an.
Le potentiel minier comprend aussi environ 15 millions de tonnes de manganèse à Tambao, au Burkina Faso, et 10 millions de tonnes à Ansongo-Takabote, au Mali. Les réserves de fer sont estimées à plusieurs milliards de tonnes dans l’espace confédéral, dont 420 millions de tonnes à Say-Diabou au Mali et 80 millions de tonnes à Kola au Niger.
Le Mali disposerait en outre de plus de deux milliards de tonnes de bauxite dans la région de Kayes. Les réserves de phosphates sont estimées à 60 millions de tonnes à Kodjoari au Burkina Faso, 20 millions de tonnes à Bamba-Tilemsi au Mali et 1,125 milliard de tonnes dans le parc W-Tapoa au Niger.
« Les ressources ne peuvent nous appartenir que si nous les valorisons », a déclaré Issa Coulibaly, appelant les Etats de l’AES à renforcer la transformation locale des matières premières.
Le potentiel énergétique est également important. Selon le chercheur du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), Abdoulaye Compaoré, le potentiel solaire techniquement valorisable de l’espace AES est estimé à 95,9 GW, alors que les taux d’accès à l’électricité restent faibles, notamment au Burkina Faso, avec 34 %, et au Niger, avec 21 %.
Le potentiel éolien du Burkina Faso est évalué à 1,96 GW. L’hydroélectricité représenterait une capacité de 1 050 MW au Mali, 148 MW au Burkina Faso et 130 MW au Niger, tandis que le potentiel de production électrique à partir de la biomasse pourrait atteindre 21,1 GW dans l’espace confédéral.
Le Niger dispose par ailleurs d’un important potentiel pétrolier. Selon Ibrahim Kimba, directeur du Cadastre, de l’Exploration et de la Promotion pétrolière, le pays compte 45 blocs pétroliers, dont 35 ouverts à l’exploration. La production est présentée à 110 000 barils par jour, dont 90 000 destinés à l’exportation.
Face à ce potentiel, les responsables de l’AES mettent l’accent sur la transformation locale et une meilleure intégration des industries extractives aux économies nationales.
« Nos ressources ne doivent plus être une malédiction ou le sujet de convoitises extérieures, mais le carburant surtout de notre émergence », a déclaré le ministre burkinabè de l’Energie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba.
La SAMAO et la SEMH-AES se tiennent du 14 au 19 septembre à Ouagadougou autour de la gouvernance des ressources extractives et de leur valorisation.
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