Martin Fayulu a dénoncé mardi la dispersion de la marche de la Coalition de l’article 64 (C64) à Kinshasa, accusant les autorités d’avoir transformé une mobilisation contre le changement de la Constitution en affrontement entre manifestants, groupes pro-pouvoir et forces de sécurité.
La marche, organisée mardi 15 septembre dans la capitale congolaise, avait pour objectif de protester contre le projet de changement de la Constitution et contre l’éventualité d’un troisième mandat du président Félix Tshisekedi. Partie notamment de l’échangeur de Limete, elle devait se poursuivre jusqu’au siège de l’ECiDé, le parti de Martin Fayulu. Près de 5 000 personnes avaient pris part au départ du cortège, selon Actualite.cd.
Le rassemblement, initialement encadré par la police, a dégénéré au niveau de Limete, où des affrontements ont été signalés. La police a fait usage de gaz lacrymogènes et de tirs de sommation pour disperser les manifestants, selon Reuters et Associated Press.
Présent sur les lieux, Martin Fayulu affirme avoir dû rebrousser chemin pour éviter d’être pris dans les affrontements. Lors d’un point de presse, le président de l’ECiDé a accusé le président Félix Tshisekedi d’avoir tendu un « guet-apens » aux manifestants, mettant notamment en cause des membres de la Force du progrès, structure affiliée à l’UDPS, qu’il affirme avoir vus munis d’armes blanches. Ces accusations sont celles de l’opposant et n’ont pas été établies indépendamment.
Au-delà de la dispersion de la manifestation, Fayulu annonce désormais vouloir donner une suite politique et judiciaire aux événements. Selon plusieurs médias congolais, l’opposant entend notamment saisir des instances judiciaires au sujet des violences dénoncées lors de la marche.
La mobilisation de mardi s’inscrit dans une confrontation politique plus large autour du projet de modification de la Constitution. La C64, qui regroupe plusieurs formations de l’opposition, considère que toute modification susceptible de permettre à Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat constitue une ligne rouge.
Les autorités, de leur côté, soutiennent que le droit de manifester doit s’exercer dans le respect du cadre légal. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a notamment rejeté certaines accusations de l’opposition et appelé au respect des règles encadrant les manifestations.
La journée du 15 septembre marque ainsi une nouvelle montée de tension entre le pouvoir et l’opposition, alors que le débat sur la réforme constitutionnelle et le dialogue national continue de structurer la vie politique congolaise.
TE/APA





