Le général Mamane Sani Kiaou, nommé chef d’état-major des armées du Niger deux semaines après la tentative de mutinerie de Niamey, est un officier de terrain qui a notamment commandé des unités engagées dans les régions de Diffa et de Tillabéri, avant de prendre la tête de l’armée de terre.
Le général Mamane Sani Kiaou est le nouveau chef d’état-major des armées du Niger. Nommé par décret signé le 11 septembre 2026 par le président Abdourahamane Tiani, il succède au général Moussa Salaou Barmou, dont le remplacement n’a pas été motivé officiellement.
Avant d’accéder à la tête des Forces armées nigériennes (FAN), Mamane Sani Kiaou dirigeait l’armée de terre. Il avait été nommé à ce poste en 2025 et était encore présenté à cette fonction quelques jours avant sa promotion, notamment lors de missions d’inspection auprès des unités militaires. Le 9 septembre, il avait ainsi effectué une mission à Agadez, dans le nord du pays selon l’Agence Nigérienne de Presse.
Son parcours militaire est notamment marqué par son expérience dans les zones confrontées aux violences des groupes armés. En 2021, alors colonel, Mamane Sani Kiaou commandait le secteur 4 de la Force multinationale mixte (FMM), regroupant plusieurs pays frontaliers, basé à Diffa, dans le sud-est du Niger. La FMM avait alors salué les performances opérationnelles des troupes placées sous son commandement dans la lutte contre Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest.
Son expérience ne se limite toutefois pas au front oriental. Il est également présenté comme un officier ayant commandé des opérations dans la région de Tillabéri, dans l’ouest du pays, l’un des principaux foyers de violences armées au Niger.
Au cours des dernières années, Kiaou a également occupé des responsabilités au sein du commandement central. En avril 2026, il était notamment chargé, en qualité de chef d’état-major de l’armée de terre, de superviser une passation de commandement dans la zone de défense n°4 de Tahoua.
Le général s’est également retrouvé au cœur de la réorganisation de la coopération militaire du Niger après le coup d’État de juillet 2023. Plusieurs sources le présentent comme ayant participé aux discussions ayant accompagné le retrait des forces françaises, puis américaines, du territoire nigérien.
Quelques jours avant sa nomination, il avait entrepris une tournée auprès de plusieurs garnisons du pays. Cette séquence intervient alors que les autorités nigériennes cherchent à renforcer la cohésion des forces armées après les événements des 28 et 29 août à Niamey, qualifiés par le pouvoir de tentative de déstabilisation.
Avec cette nomination, Mamane Sani Kiaou passe ainsi du commandement de l’armée de terre à la direction de l’ensemble des Forces armées nigériennes, dans un contexte marqué à la fois par la persistance des violences armées et par des tensions au sein de l’appareil militaire.
Le décret du 11 septembre a également nommé le général de brigade Abdourahmane Abou Zataka à la tête de l’armée de terre, en remplacement de Kiaou.
AC/Sf/APA





