La Guinée a appelé à renforcer la protection des terres et des ressources en eau, estimant que la dégradation des écosystèmes menace directement la sécurité hydrique de l’Afrique de l’Ouest.
Intervenant lors du segment ministériel de la 17e Conférence des parties de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (COP17) qui se déroule du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator, en Mongolie, à l’occasion de la Journée de l’eau, la délégation guinéenne a insisté sur le lien étroit entre la restauration des sols et la préservation des ressources hydriques.
Surnommée le « château d’eau de l’Afrique de l’Ouest », la Guinée abrite les hauts plateaux du Fouta-Djallon, une importante zone de naissance de plusieurs cours d’eau qui alimentent de grands bassins versants de la sous-région et dont dépendent des millions de personnes.
Cependant, la dégradation des terres dans les zones amont favorise l’érosion, l’ensablement des cours d’eau et la perturbation des régimes hydrologiques. La situation du bassin du Bafing illustre, selon Conakry, les risques croissants liés à la fragilisation des écosystèmes.
Face à l’aggravation des sécheresses, la Guinée appelle à privilégier l’anticipation plutôt que la gestion des crises après leur survenue.
Quatre priorités
Conakry a présenté une stratégie reposant sur quatre axes. Le premier prévoit la restauration de 375 000 hectares de terres à l’horizon 2030, notamment à travers des solutions fondées sur la nature et la régénération naturelle assistée.
Le deuxième axe porte sur le renforcement des systèmes d’alerte précoce, grâce à une meilleure exploitation des données sur les précipitations, l’humidité des sols et les ressources en eau, afin de permettre une intervention rapide en cas de risque.
La troisième priorité vise une meilleure coordination des politiques agricoles, forestières, hydrauliques et minières, avec un accent particulier sur la gestion durable des bassins versants, l’irrigation efficiente et la protection des berges.
Enfin, la Guinée souhaite renforcer la coopération régionale, notamment par le partage des données hydrologiques et l’harmonisation des systèmes d’alerte entre les Etats partageant les mêmes ressources en eau.
La délégation guinéenne a également appelé les partenaires techniques et financiers à revoir leur approche du financement de la résilience climatique. Elle plaide pour des ressources plus importantes, prévisibles et accessibles afin de financer les infrastructures hydrauliques, la restauration des terres et une agriculture plus durable.
Pour Conakry, les agriculteurs, les éleveurs, les femmes et les jeunes doivent être pleinement associés aux décisions et aux actions de restauration des écosystèmes.
A travers son plaidoyer à Oulan-Bator, la Guinée entend ainsi faire de la prévention, de la coopération régionale et de la gestion intégrée des terres et de l’eau des leviers essentiels de lutte contre la désertification et les effets du changement climatique en Afrique de l’Ouest.
TE/Sf/APA







