Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont réaffirmé lundi à Durban leur engagement à renforcer l’intégration régionale et la coopération face aux défis sécuritaires, sanitaires, économiques et climatiques qui affectent l’Afrique australe.
Réunis à l’occasion du 46e sommet ordinaire de l’organisation, sous la présidence du chef de l’État sud-africain Cyril Ramaphosa, les dirigeants de la SADC ont renouvelé leur solidarité avec la République démocratique du Congo (RDC) et leur soutien aux efforts régionaux et internationaux visant à restaurer la paix, protéger les populations civiles et répondre aux besoins humanitaires et sanitaires.
Le sommet a appelé à une action coordonnée contre l’épidémie de maladie à virus Ebola, notamment en RDC, où sévit une souche du virus Bundibugyo. Les États membres ont été invités à renforcer la surveillance épidémiologique, la préparation et le partage rapide des informations afin de prévenir et contenir de nouvelles flambées.
La SADC a salué à cet égard l’appui financier et technique fourni par l’Afrique du Sud, l’Angola, le Zimbabwe, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres partenaires.
Sur le plan sécuritaire, les dirigeants ont également insisté sur la nécessité de consolider la paix et la stabilité dans la région. Ils ont salué le dialogue national engagé au Mozambique et les efforts de Maputo pour lutter contre le terrorisme dans certaines zones de la province de Cabo Delgado.
Concernant Madagascar, le sommet a encouragé les acteurs politiques à préserver le calme relatif observé dans le pays et à privilégier le dialogue pour résoudre leurs différends. La SADC a réaffirmé son soutien au processus de réformes et au retour à la normalité constitutionnelle.
Sur le front économique, les chefs d’État ont appelé à tirer parti des opportunités offertes par les mutations géopolitiques et économiques mondiales pour approfondir l’intégration régionale, développer les échanges et les investissements et renforcer la mobilisation des ressources internes.
Le sommet a également identifié plusieurs secteurs prioritaires pour accélérer la transformation économique de la région, notamment l’industrialisation, les chaînes de valeur régionales, l’agro-industrie, les minerais critiques, la transition énergétique, les corridors économiques et les infrastructures transfrontalières.
Les dirigeants ont par ailleurs appelé à accroître le commerce régional des produits agricoles en supprimant les barrières non tarifaires, en harmonisant les normes et en améliorant la logistique transfrontalière. Cette démarche vise notamment à faciliter l’acheminement des denrées des zones excédentaires vers les régions déficitaires et à contribuer à la stabilisation de l’offre et des prix.
Face aux risques climatiques liés au phénomène El Niño, les États membres ont été exhortés à renforcer les systèmes d’alerte précoce, les dispositifs de préparation aux sécheresses et l’agriculture résiliente au climat, notamment à travers l’irrigation et l’utilisation de variétés résistantes à la sécheresse.
Dans le domaine de la mobilité, le sommet a approuvé l’accord portant création du SADC Tourism UNIVISA, destiné à faciliter les déplacements dans la région, stimuler le tourisme, renforcer l’intégration et favoriser les investissements.
Le sommet a également adopté comme thème de sa 46e session : « Une industrialisation résiliente, durable et inclusive à travers le développement des infrastructures, la transformation de l’agriculture et des minerais critiques, à la recherche d’un monde juste ».
À l’issue des travaux, Cyril Ramaphosa a été élu président de la SADC, tandis que la Zambie a été désignée pour assurer la prochaine présidence. Le prochain sommet ordinaire de l’organisation se tiendra en Zambie.
Le 46e sommet de la SADC intervient dans un contexte régional marqué par la persistance des défis sécuritaires et sanitaires, mais aussi par la volonté des États d’accélérer l’intégration économique et de renforcer leur résilience face aux chocs climatiques et aux mutations de l’économie mondiale.
TE/Sf/APA







