Le ministre ivoirien du Plan et du développement, Souleymane Diarrassouba, a officiellement présenté, ce lundi 20 juillet 2026 face à la presse, les articulations et les innovations majeures du nouveau Plan national de développement (PND) 2026-2030. Un diaspora bond est notamment annoncé pour son financement.
Invité de la tribune « Les Rendez-vous du gouvernement », organisée par le Centre d’information et de communication gouvernementale (CICG), le ministre a décliné les ambitions de cet outil de pilotage stratégique qui fait l’objet d’une vaste mobilisation de fonds.
Le ministre Souleymane Diarrassouba a annoncé le lancement prochain d’un « diaspora bond », un emprunt obligataire spécifique auquel les Ivoiriens résidant à l’étranger pourront souscrire afin de financer directement les projets de développement en Côte d’Ivoire.
Cette initiative financière s’appuie notamment sur le constat stratégique que les transferts de fonds annuels de la diaspora ivoirienne vers leur pays d’origine s’élèvent en moyenne à environ 900 milliards de FCFA.
Pour cette édition 2026-2030, le gouvernement ivoirien mise fortement sur la redevabilité et la digitalisation. Souleymane Diarrassouba a annoncé la création d’un tableau de bord national structuré autour de six piliers stratégiques.
Ce dispositif comprend 35 indicateurs sociaux, économiques, environnementaux et institutionnels fixant le cap vers l’horizon 2030. Afin d’élargir la couverture des besoins recensés, ce tableau intègre le scorecard de la Banque mondiale, soit une moyenne de 14 indicateurs complémentaires.
La grande nouveauté réside dans l’intégration du grand public à ce processus. Un outil digital agile et accessible à tous les citoyens sera déployé pour permettre un suivi en temps réel de l’exécution du Plan national de développement (PND).
« Dans ce plan, nous avons une série d’indicateurs et sommes dans une dynamique de nous améliorer en vue d’atteindre nos objectifs et faire des ajustements en cas de nécessité », a précisé le ministre Souleymane Diarrassouba.
Le développement social reste une priorité absolue de la feuille de route gouvernementale. Le ministre a notamment mis l’accent sur l’indice de développement du capital humain, avec pour objectif de le faire progresser de 0,38 à 0,7 point d’ici 2030.
Cette trajectoire devrait permettre à 70% des Ivoiriens, en âge adulte, d’atteindre leur plein potentiel pour mieux s’insérer dans le tissu socio-économique national. En outre, l’exécutif compte innover en matière de financement local en s’appuyant sur la diaspora ivoirienne.
Le ministre a profité de cette tribune pour dresser un bilan positif des précédents PND. Les réformes successives ont permis de réduire le taux de pauvreté, qui est passé de 54,4% en 2011 à 37,5% en 2021 (une baisse de 17,9 points de pourcentage).
De même, l’Indice de Développement Humain (IDH) a progressé de 0,468 en 2011 à 0,582 en 2023, hissant le pays dans la catégorie des nations à développement humain moyen. L’espérance de vie à la naissance a quant à elle grimpé de 56 ans en 2012 à 62,3 ans en 2025.
« Ces résultats, pour réels qu’ils soient, ne doivent pas masquer les défis qui demeurent », a toutefois nuancé le ministre du Plan et du Développement. La revue diagnostique menée en amont a identifié dix chantiers cruciaux.
Le PND 2026-2030 repose sur six piliers majeurs orientés vers la transformation structurelle de l’économie, la réduction drastique de l’informel qui pèse sur 80% de l’activité, et le déploiement d’infrastructures technologiques et énergétiques de pointe.
Ces orientations incluent également un investissement massif dans le capital humain, l’accès au logement décent, l’autonomisation économique des femmes et des jeunes, ainsi qu’une intégration poussée de la finance solidaire et de la résilience climatique.
Par ailleurs, ce cadre stratégique visant à accroître la croissance du pays, prévoit la modernisation de la gouvernance étatique et une optimisation continue du climat des affaires pour pérenniser l’écosystème entrepreneurial ivoirien.
Conçu selon une approche participative et inclusive, le PND 2026-2030 affiche des ambitions macroéconomiques et sociales très claires avec une croissance économique moyenne de 7,2%, un PIB par habitant de 4500 dollars.
Le nouveau cadre stratégique prévoit de ramener le taux national de pauvreté sous la barre des 20% et d’élargir la population active occupée à 14 millions de personnes, tout en doublant le nombre d’emplois décents pour atteindre plus de 3 millions.
Sur le plan social et sanitaire, la feuille de route ambitionne de porter l’espérance de vie à 65 ans et de faire chuter la mortalité infantile sous le seuil de 35 pour 1000, des transformations qui s’accompagneront d’une hausse du taux de pression fiscale de 15% à 18%.
Au terme de son exposé, le ministre Souleymane Diarrassouba a lancé un appel vibrant à la mobilisation de l’ensemble des forces vives de la nation, des partenaires au développement et du secteur privé pour garantir le plein succès de ce programme historique.
AP/Sf/APA







