Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, est arrivé dimanche 12 juillet 2026 à Bamako pour une visite officielle de deux jours destinée à renforcer les échanges entre l’organisation continentale et le Mali. Le déplacement intervient alors que le pays reste suspendu de la participation aux activités, organes et institutions de l’UA depuis juin 2021.
À son arrivée, le responsable de la Commission a été accueilli par le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. Les deux responsables ont ensuite échangé sur des questions présentées par l’Union africaine comme étant d’intérêt commun, sans que le contenu détaillé de leurs discussions ait été rendu public.
Mahmoud Ali Youssouf doit rencontrer lundi le général Assimi Goïta, Président de la Transition. L’Union africaine n’a communiqué ni l’ordre du jour précis de cette audience ni les documents susceptibles d’être examinés au cours de la visite.
Cette mission fait suite aux appels lancés par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA en faveur d’un renforcement des échanges de haut niveau avec les autorités maliennes. Réuni le 28 avril 2026, le Conseil avait demandé à la Commission d’intensifier ses démarches diplomatiques auprès de Bamako, en mettant l’accent sur le dialogue politique, le retour à l’ordre constitutionnel et l’établissement d’un calendrier de transition crédible et assorti d’échéances.
Le même organe avait réaffirmé son soutien à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale du Mali. Il avait également recommandé un accroissement de l’assistance technique et opérationnelle au secteur malien de la sécurité, notamment dans les domaines du renforcement des capacités, de l’alerte précoce et du conseil stratégique.
La suspension du Mali avait été décidée le 1er juin 2021, après l’arrestation du président de la Transition Bah N’Daw et de son Premier ministre Moctar Ouane, suivie de la prise de la direction de la Transition par Assimi Goïta, auteur avec d’autres colonels d’un coup contre Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020. Le Conseil de paix et de sécurité avait alors conditionné le retour du Mali dans les instances de l’organisation au rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Cette mesure concerne la participation du Mali aux activités et aux organes de l’Union africaine. Elle ne met pas fin à son appartenance à l’organisation et n’interrompt pas les contacts entre la Commission, les autorités maliennes et les structures africaines chargées des questions de paix et de sécurité. Les publications de l’UA établissaient encore en avril 2026 que le Mali figurait parmi les États suspendus.
Malgré la suspension, l’organisation continentale maintient une présence au Mali à travers son Bureau de liaison pour le Mali et le Sahel. Celui-ci est dirigé par l’ancien ministre gambien des Affaires étrangères Mamadou Tangara, également Haut Représentant et Représentant spécial du président de la Commission pour le Mali et le Sahel.
Mahmoud Ali Youssouf avait reçu Mamadou Tangara le 15 mai 2026 pour examiner les développements récents dans la région. La Commission avait indiqué à cette occasion que son représentant poursuivrait ses initiatives de dialogue auprès des pays du Sahel dans les domaines de la paix, de la stabilité et du développement.
Les démarches du président de la Commission auprès des États sahéliens avaient commencé dès mai 2025 avec des consultations réunissant les ambassadeurs du Mali, du Burkina Faso et du Niger accrédités auprès de l’UA. Mahmoud Ali Youssouf leur avait alors proposé de travailler à une reprise des échanges et à la définition d’une feuille de route convenue pour le retour à un fonctionnement constitutionnel.
Au Mali, la Charte de la Transition a été révisée par une loi promulguée le 8 juillet 2025. Le texte confie à Assimi Goïta les fonctions de chef de l’État pour une durée de cinq ans renouvelable autant de fois que nécessaire jusqu’à la pacification du pays. Il prévoit que cette durée peut être écourtée lorsque les conditions permettant l’organisation d’une élection présidentielle transparente et apaisée sont réunies.
La même loi dispose que la Transition prendra fin après l’organisation d’une élection présidentielle, la prestation de serment et la passation des charges au nouveau président élu. Elle autorise également le président de la Transition et les membres des institutions transitoires à se présenter aux élections devant marquer la fin de cette période.
La visite de Mahmoud Ali Youssouf doit donc porter le dialogue au niveau le plus élevé entre la Commission de l’Union africaine et les autorités maliennes. Les communications attendues après son entretien avec Assimi Goïta devront préciser les sujets abordés, les engagements éventuellement arrêtés et les prochaines étapes des relations entre Bamako et l’organisation continentale.
MD/ac/APA







