Le 11 juillet 1960, onze jours après l’accession du Congo à l’indépendance, la riche province du Katanga proclame sa sécession sous la direction de Moïse Tshombe, plongeant le jeune État dans une crise politique, militaire et internationale majeure.
Depuis Élisabethville, aujourd’hui Lubumbashi, Moïse Tshombe, chef de la Confédération des associations tribales du Katanga (CONAKAT), annonce la séparation de la province du pouvoir central établi à Léopoldville (actuelle Kinshasa). Le mouvement intervient dans un contexte de forte instabilité marqué par la mutinerie de la Force publique congolaise, les tensions politiques internes et l’intervention de troupes belges quelques jours après l’indépendance proclamée le 30 juin 1960.
Région stratégique grâce à ses importantes ressources minières, notamment le cuivre, le cobalt et l’uranium, le Katanga représente alors une part essentielle de l’économie congolaise. Tshombe affirme vouloir défendre les intérêts de la province et son autonomie face au gouvernement central dirigé par le président Joseph Kasa-Vubu et le Premier ministre Patrice Lumumba.
La sécession provoque une crise internationale. Le gouvernement congolais fait appel aux Nations Unies, qui mettent en place l’Opération des Nations Unies au Congo (ONUC) afin de contribuer au rétablissement de l’ordre et de préserver l’intégrité territoriale du pays. La question katangaise devient rapidement l’un des premiers grands dossiers africains de la Guerre froide.
La crise contribue également à l’affaiblissement du gouvernement Lumumba, renversé en septembre 1960 dans un contexte de rivalités politiques et militaires, avant son assassinat en janvier 1961.
La sécession du Katanga prend fin en janvier 1963 après les opérations militaires de l’ONU, qui aboutissent à la réintégration de la province au sein de la République du Congo.
Le 11 juillet 1960 demeure ainsi une date majeure de l’histoire africaine contemporaine : elle symbolise les difficultés rencontrées par plusieurs États nouvellement indépendants pour préserver leur unité territoriale face aux tensions internes et aux enjeux internationaux de l’époque.
Sf/APA







