Le gouvernement nigérian a exhorté les pays africains à accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) afin de stimuler l’industrialisation, le commerce numérique et une prospérité partagée.
La ministre nigériane de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, Jumoke Oduwole, a déclaré mardi à Abuja, à l’ouverture de la 18e réunion du Conseil des ministres chargés du Commerce de la ZLECAf, que le Nigéria privilégiait une mise en œuvre rapide de l’accord en veillant à ce que les États membres traduisent leurs engagements en actions concrètes.
Selon elle, les pays africains doivent passer des engagements pris dans le cadre de la ZLECAf à des actions génératrices d’emplois, de commerce et de croissance économique.
« L’Afrique doit passer de la négociation d’accords à la mise en œuvre concrète des avantages de la ZLECA pour les entreprises, les producteurs, les femmes, les jeunes et plus de 1,4 milliard d’Africains », a-t-elle déclaré.
Mme Oduwole a également appelé les pays africains à renforcer les chaînes de valeur régionales afin d’accroître les échanges de biens produits sur le continent.
Elle a plaidé pour des investissements dans les infrastructures publiques numériques, les systèmes de paiement interopérables et les flux de données transfrontaliers sécurisés afin de soutenir le commerce numérique.
La ministre a également préconisé un meilleur accès au financement, notamment par le biais du Fonds d’ajustement de la ZLECAf et d’autres mécanismes, en faveur des PME ainsi que des entreprises dirigées par des femmes et des jeunes.
Elle a, en outre, exhorté les États membres à adopter les nouveaux instruments juridiques, tels que la documentation électronique des marchandises, afin de moderniser les échanges, de réduire les coûts et d’améliorer l’efficacité des procédures douanières.
Mme Oduwole a réaffirmé l’engagement du Nigeria à collaborer avec tous les États membres pour faire de la ZLECAf un moteur de croissance, d’industrialisation et de prospérité partagée sur le continent.
Elle a indiqué que le Nigéria avait engagé d’importantes réformes depuis la ratification de l’accord afin de tirer pleinement parti des opportunités offertes par la zone de libre-échange.
Selon elle, le pays a rendu opérationnel le Bureau national de coordination de la ZLECAf et élaboré une stratégie nationale de mise en œuvre visant à mobiliser l’ensemble des administrations publiques.
« Le Nigéria a également soumis son calendrier de concessions tarifaires ainsi que ses engagements spécifiques au titre du Protocole sur le commerce des services (…)
(…) Le pays promeut activement le commerce numérique en tant que cochampion du Protocole sur le commerce numérique de la ZLECAf, grâce à une collaboration réglementaire entre les pays africains », a-t-elle ajouté.
Dans son intervention, le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, a indiqué que les négociations sur les instruments juridiques de l’accord étaient achevées, ouvrant ainsi la voie à une accélération de sa mise en œuvre dans les États membres.
Selon lui, cette mise en œuvre progresse, avec plus de 10 000 certificats d’origine délivrés dans le cadre de l’accord à la fin du mois de mars 2026.
« Le commerce total de l’Afrique devrait croître d’environ 10 % en 2026, tandis que le commerce intra-africain devrait atteindre près de 230 milliards de dollars », a-t-il déclaré.
M. Mene a enfin appelé les États membres à ratifier les protocoles encore en suspens, à mettre en place des comités nationaux de mise en œuvre et à intégrer la ZLECAf dans leurs plans de développement ainsi que dans leurs budgets.
Il a également plaidé pour un financement durable du secrétariat de la ZLECAf, estimant qu’un financement prévisible est indispensable pour soutenir la mise en œuvre de l’accord, l’industrialisation et la transformation économique de l’Afrique à long terme.
GIK/fss/te/Sf/APA







