Le Sénégal a appelé mercredi à Dakar les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale à intégrer pleinement les services climatiques dans les politiques publiques, estimant que les données météorologiques et climatologiques sont désormais indispensables à la planification du développement et à la résilience des économies face au changement climatique.
Ouvrant le Dialogue politique sur l’intégration des services climatiques et le retour d’information sur le renforcement des capacités en matière de services climatiques pour l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale, le directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM), Dr Diaga Basse, a affirmé que les services climatiques devaient devenir un véritable outil de gouvernance.
« Les services climatologiques ne doivent plus être considérés comme de simples outils scientifiques. Ils constituent désormais un véritable instrument de gouvernance, d’aide à la décision et d’investissement pour bâtir des économies résilientes », a-t-il déclaré.
Selon lui, la multiplication des vagues de chaleur, des inondations, des sécheresses, de l’érosion côtière et de la variabilité des saisons agricoles affecte directement la sécurité alimentaire, les ressources en eau, les infrastructures, les transports, la santé publique et la production énergétique.
Pour relever ces défis, le responsable de l’ANACIM a estimé qu’il ne suffisait plus de produire des données météorologiques de qualité. L’enjeu est désormais de les intégrer dans les politiques publiques et les stratégies sectorielles afin d’améliorer la prise de décision.
Il a plaidé pour une gouvernance plus inclusive, un renforcement des liens entre les producteurs d’informations climatiques et leurs utilisateurs, ainsi qu’une meilleure coordination entre les institutions concernées, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, des transports, de la santé, de l’urbanisme et de la gestion des catastrophes.
Diaga Basse a également souligné que les services météorologiques nationaux devaient évoluer vers une logique de services centrés sur les besoins des utilisateurs plutôt que sur la seule production de données.
Prenant l’exemple du Sénégal, il a indiqué que l’ANACIM développe des produits climatologiques adaptés aux secteurs prioritaires, renforce les systèmes d’alerte précoce, améliore les plateformes de diffusion des informations météorologiques et multiplie les partenariats avec les administrations, les collectivités territoriales, les universités et le secteur privé.
Il a identifié plusieurs priorités pour accélérer cette transformation : une gouvernance institutionnelle renforcée, des investissements dans les réseaux d’observation et les infrastructures numériques, le développement des compétences, une meilleure valorisation des données climatiques dans les politiques publiques et une coopération régionale accrue.
Le directeur général de l’ANACIM a enfin salué le rôle du programme ClimSA, mis en œuvre par la Commission de l’Union africaine avec ses partenaires, qu’il considère comme un levier essentiel pour renforcer les capacités des services météorologiques africains et favoriser des politiques publiques plus résilientes.
Organisée à Dakar, cette rencontre régionale réunit des représentants de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale afin d’élaborer des recommandations pour une meilleure intégration des services climatiques dans les stratégies nationales de développement.
TE/APA







