Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) ont progressé de 4,5 % au cours des cinq premiers mois de 2026, confirmant le rôle central de la diaspora dans le soutien à l’économie tunisienne et dans la nouvelle approche des autorités à son égard.
Les Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) continuent de constituer l’un des principaux soutiens financiers du pays. Selon les données de la Banque centrale de Tunisie, les transferts de fonds de la diaspora ont atteint 3,669 milliards de dinars tunisiens (environ 1,27 milliard de dollars) entre janvier et mai 2026, contre 3,510 milliards de dinars à la même période de l’année précédente. Cette hausse de 4,5 % intervient à l’approche de la saison estivale, traditionnellement marquée par une augmentation des envois de fonds et des retours au pays.
Ces transferts représentent une source essentielle de devises pour l’économie tunisienne. Associés aux recettes touristiques, ils contribuent au renforcement des réserves en devises et à l’équilibre des comptes extérieurs. Selon les chiffres officiels, ces ressources permettent actuellement de couvrir l’équivalent de 103 jours d’importations, offrant une marge de sécurité dans un contexte économique toujours marqué par des contraintes budgétaires et financières.
Au-delà de leur importance économique, les autorités tunisiennes soulignent la portée symbolique et politique de cette dynamique. Les transferts effectués par les membres de la diaspora via les circuits officiels sont perçus comme un signe de confiance envers les institutions nationales et comme l’expression d’un attachement durable au pays d’origine. Cette vision s’inscrit dans l’approche défendue par le président Kaïs Saïed, qui plaide depuis plusieurs années pour une redéfinition des relations entre l’État et les Tunisiens établis à l’étranger.
Le chef de l’État insiste régulièrement sur le fait que la diaspora ne doit pas être considérée uniquement comme une source de devises, mais comme une composante à part entière de la nation, appelée à participer au développement du pays. Dans cette perspective, les autorités ont multiplié les initiatives visant à améliorer l’accompagnement administratif des TRE et à faciliter leurs démarches lors de leurs séjours en Tunisie. Kaïs Saïed a notamment appelé à plusieurs reprises à simplifier les procédures douanières et à réduire les obstacles bureaucratiques auxquels sont confrontés les ressortissants vivant à l’étranger.
Cette orientation repose sur la mobilisation de plusieurs institutions. Le ministère des Affaires étrangères renforce les services consulaires et l’assistance aux communautés tunisiennes établies hors du pays, tandis que l’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE) développe de nouveaux outils numériques pour moderniser les services administratifs. Parmi les projets annoncés figurent la plateforme « Tunisiens du Monde » ainsi qu’un futur guichet unique destiné aux investisseurs de la diaspora.
Estimée à près de 1,85 million de personnes, soit plus de 15 % de la population tunisienne, la diaspora demeure un acteur stratégique pour le pays. Principalement installée en Europe, notamment en France, en Italie et en Allemagne, elle représente à la fois une source de financement, un réservoir de compétences et un relais d’influence pour la Tunisie. À travers cette nouvelle approche, les autorités entendent faire de ce lien historique un levier plus structuré de développement économique, d’investissement et de transfert de compétences.
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