La 57e Foire internationale d’Alger met en avant les ambitions industrielles et d’investissement de l’Algérie, mais soulève encore des interrogations sur la capacité de l’économie à réduire sa dépendance aux hydrocarbures et à attirer davantage de capitaux productifs.
Le président Abdelmadjid Tebboune a inauguré, lundi, la 57e édition de la Foire internationale d’Alger (FIA), organisée sous le thème « Confiance et stabilité pour une croissance durable ». Réunissant plus de 600 exposants nationaux et étrangers sur près de 50 000 m², l’événement se veut une vitrine de la dynamique économique que les autorités entendent promouvoir.
Derrière cet affichage, la question de la diversification économique demeure toutefois au cœur des débats. Malgré les efforts engagés en faveur de l’industrialisation, de l’investissement productif et des exportations hors hydrocarbures, l’économie algérienne reste fortement dépendante des revenus énergétiques, qui assurent l’essentiel des recettes budgétaires et des ressources en devises du pays.
Lors de sa visite, le chef de l’État a accordé une attention particulière à plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’industrie militaire, l’énergie, les infrastructures ferroviaires ainsi que les entreprises regroupées au sein du Conseil du renouveau économique algérien (CREA). Ces projets traduisent la volonté des autorités de renforcer les capacités productives nationales, même si leur impact sur la transformation du tissu économique reste encore limité, selon plusieurs observateurs.
La participation de délégations étrangères, notamment de l’Espagne, invitée d’honneur, mais aussi du Tchad, de la Tunisie et du Sultanat d’Oman, illustre la volonté d’Alger de consolider ses partenariats économiques. Néanmoins, l’attractivité du marché algérien demeure confrontée à des défis récurrents liés à la complexité administrative, au cadre réglementaire et aux contraintes rencontrées par les investisseurs dans la réalisation de leurs projets.
L’accent mis sur les ambitions africaines de Sonelgaz International et de plusieurs entreprises publiques témoigne également de la recherche de nouveaux relais de croissance. Ces initiatives interviennent toutefois dans un contexte marqué par des besoins importants en matière d’emploi, de modernisation industrielle et de diversification des exportations.
Au final, cette 57e Foire internationale d’Alger apparaît comme une vitrine des ambitions économiques du pays. Les résultats de cette stratégie seront toutefois évalués à l’aune de la capacité de l’Algérie à attirer des investissements durables, à renforcer la compétitivité du secteur privé et à réduire progressivement sa dépendance historique aux hydrocarbures.
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