Le Caire a signé deux nouveaux accords avec la britannique Harbour Energy et l’italienne Eni afin d’accélérer l’exploration gazière, développer de nouvelles réserves et renforcer la sécurité énergétique du pays, quelques jours après l’apurement de l’ensemble de ses arriérés envers les compagnies pétrolières étrangères.
L’Égypte poursuit son offensive pour revitaliser son secteur gazier. La Société égyptienne holding des gaz naturels (EGAS) a conclu un accord avec Harbour Energy, tandis que l’Autorité générale du pétrole (EGPC) a signé un protocole d’accord avec Eni portant sur le renouvellement de la zone offshore de Port-Fouad en Méditerranée. Selon le Conseil des ministres, ces initiatives s’inscrivent dans la stratégie du ministère du Pétrole visant à attirer davantage d’investissements et à accélérer les activités de recherche, d’exploration et de développement des ressources gazières.
Pour les autorités égyptiennes, l’enjeu est double : enrayer le déclin de certains gisements matures et stimuler la découverte de nouvelles ressources capables de soutenir la production nationale. Le ministre du Pétrole et des Ressources minérales, Karim Badawi, a indiqué que ces accords visent à renforcer la sécurité des approvisionnements énergétiques tout en soutenant l’augmentation de la production domestique.
Le premier accord concerne l’extension des activités de Harbour Energy dans la région de Dessouk, située dans le delta terrestre du Nil. Le projet prévoit l’ajout de deux nouveaux blocs à la concession existante ainsi que le forage de deux puits d’exploration supplémentaires. Des opérations de maintenance sont également programmées sur l’un des puits actuellement en production. L’investissement initial est estimé à 6 millions de dollars, auquel s’ajoute une prime de signature de 1 million de dollars. En cas de nouvelles découvertes, les investissements pourraient atteindre environ 18 millions de dollars grâce à des financements complémentaires destinés au développement des gisements identifiés.
Cette extension repose sur les résultats obtenus récemment par la compagnie britannique. Selon le gouvernement, les puits Azz-1 et Azz-2, forés au cours de l’exercice 2025-2026, ont permis d’ajouter environ 35 milliards de pieds cubes de réserves de gaz naturel. Harbour Energy prévoit par ailleurs de poursuivre ses campagnes d’exploration avec trois nouveaux puits programmés durant l’exercice 2026-2027.
Le second accord porte sur le renouvellement de la zone de développement offshore de Port-Fouad, exploitée en Méditerranée par Eni. Le protocole vise à préserver l’attractivité de cette zone stratégique tout en créant les conditions favorables à l’arrivée de nouveaux capitaux. Il prévoit également le maintien des infrastructures existantes, considérées comme essentielles pour soutenir la production actuelle et faciliter l’exploitation de futures découvertes dans les zones voisines.
Au-delà de leur portée opérationnelle, ces accords revêtent une dimension symbolique importante. Ils interviennent quelques jours après l’annonce par le gouvernement égyptien du règlement complet de ses dettes envers les compagnies pétrolières internationales. Selon le ministre Karim Badawi, ce dossier, qui représentait 6,1 milliards de dollars en juin 2024 avant d’être ramené à 1,3 milliard de dollars en mars 2026, est désormais clos.
Cette normalisation financière améliore sensiblement la crédibilité du pays auprès des investisseurs énergétiques. En rétablissant la confiance avec ses partenaires internationaux et en multipliant les incitations à l’exploration, l’Égypte cherche à consolider son statut de pôle gazier régional en Méditerranée orientale, tout en sécurisant ses besoins énergétiques dans un contexte de demande intérieure croissante.
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