Face au défi crucial de l’employabilité des diplômés, le secteur privé ivoirien se mobilise. En marge de la 5e édition du Forum de l’insertion professionnelle, qui s’est tenue le samedi 13 juin 2026 à Abidjan, la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) a annoncé le lancement prochain de la Business Plan Academy.
Selon Florence Koné, vice-présidente de la CGECI, chargée de la Promotion de l’entrepreneuriat des femmes et promotrice du Festival des grillades d’Abidjan, cette initiative vise à accompagner les jeunes porteurs de projets viables, afin de bénéficier de financements et d’un encadrement direct par des chefs d’entreprise expérimentés.
Florence Koné, qui intervenait lors du panel intitulé « L’entrepreneuriat, bien plus qu’une aventure », l’auto-emploi s’impose désormais comme une nécessité. L’État et les entreprises existantes ne pouvant pas absorber le flux continu de diplômés sortant des écoles, la création d’entreprise devient une alternative incontournable.
Elle a indiqué que le Patronat accompagne aussi les jeunes, ainsi que les femmes, mentionnant que « vous avez par exemple la Business plan Academy qui va se tenir et qui va permettre à des jeunes de présenter des projets viables, d’être financés et d’être accompagnés par des patrons ».
« Ce qui fait la spécificité de la Business plan academy, c’est que ce sont des patrons qui ont l’expérience et qui peuvent accompagner ces jeunes », qui s’engagement à faire éclore les talents à travers le mentorat, a-t-elle souligné.
Pour elle, l’entrepreneuriat est un sacerdoce, on ne prend pas de retraite quand on est entrepreneur. Et quand on passe la main, on a une vision qu’on doit partager à tout moment et puis on s’adapte. On est agile, on regarde les évolutions et les tendances du moment.

Toutefois, la vice-présidente de la CGECI a tenu à clarifier la réalité du terrain auprès de la jeunesse. Pour se lancer dans l’entrepreneuriat, il faut un engagement total exigeant discipline et résilience, un état d’esprit (mindset) solide pour surmonter des défis à chaque étape de la vie de l’entreprise.
Elle a souligné une agilité permanente de l’entrepreneur pour s’adapter aux tendances et à l’évolution du marché pour saisir les opportunités et capter des ressources. Le panel a également servi de cadre pour briser les mythes de l’entrepreneuriat facile.
La cheffe d’entreprise Traoré N’Cho a partagé son parcours, révélant s’être préparée durant une année entière avant de se lancer. Elle a honnêtement évoqué ses erreurs de débutante, notamment la confusion entre chiffre d’affaires et bénéfice.
« On ne confie pas son projet à quelqu’un qui ne porte pas la même vision que sa PME », a-t-elle conseillé, invitant les jeunes à garder le contrôle de leur business et à se détacher émotionnellement des situations de crise.
Présent en amont de ce panel, le ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’insertion professionnelle et du service civique, Mamadou Touré, a tenu un discours de vérité. Il a rappelé qu’« avoir un diplôme ne garantit pas forcément une compétence ».
Pour y remédier, le ministre a détaillé les actions gouvernementales, notamment des programmes d’équivalence pour faciliter l’employabilité des diplômés ; la valorisation des stages de perfectionnement et de qualification comme réels débuts du parcours professionnel.
Le ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’insertion professionnelle et du service civique, Mamadou Touré, a appelé les jeunes à la structuration des leurs projets auprès de l’Agence Emploi Jeunes pour obtenir un meilleur accompagnement de l’Etat.
AP/Sf/APA






