Le gouvernement fédéral du Nigéria collabore avec le Forum mondial de l’agriculture (WAF) afin de transformer la gestion post-récolte et les infrastructures de la chaîne du froid dans le pays, dans le but d’accroître la production alimentaire.
Lors de l’inauguration du Conseil nigérian du Forum mondial de l’agriculture (WAF) à Abuja, le Dr Musa Umar, directeur du Bureau du secrétaire permanent du ministère fédéral de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, a déclaré que son ministère travaillerait en étroite collaboration avec le WAF pour renforcer la sécurité alimentaire.
Il a qualifié l’inauguration de « moment opportun et stratégique », soulignant le rôle central de l’agriculture dans la sécurité alimentaire, la diversification économique, le développement rural, la croissance industrielle, la création d’emplois et la stabilité sociale.
« Nous accordons la priorité au développement de la chaîne de valeur, à la mécanisation, à l’extension de l’irrigation, à l’accès à des intrants de qualité, à la gestion post-récolte, aux systèmes de stockage, à l’agro-transformation et aux liens avec les marchés », a-t-il précisé.
De son côté, le directeur exécutif du Forum mondial de l’agriculture, le Dr MJ Khan, a également estimé que la création du Conseil nigérian intervenait à un moment stratégique. Représenté par M. Lekan Ofem, directeur de la stratégie et responsable des conseils de pays et de l’engagement des parties prenantes, il a indiqué que cette initiative traduisait un engagement renouvelé à faire de l’agriculture un moteur de croissance économique, d’inclusion sociale et de durabilité environnementale.
Auparavant, le directeur national du WAF au Nigéria, le Dr Alexander Isong, avait affirmé que cet événement dépassait le cadre d’une simple inauguration institutionnelle pour répondre à un impératif national.
Selon lui, la mission de l’organisation est de combler le fossé entre production et valorisation afin d’améliorer la performance agricole du pays.
« Le Nigéria est aujourd’hui confronté à un profond paradoxe. Nous sommes l’un des plus grands producteurs agricoles d’Afrique, et pourtant des millions de nos concitoyens souffrent d’insécurité alimentaire », a-t-il déclaré.
Il a averti que jusqu’à 34,7 millions de Nigérians pourraient être confrontés à une grave insécurité alimentaire durant la période de soudure de 2026 si des mesures urgentes ne sont pas prises.
« Le Nigéria perd chaque année entre 30 et 40 millions de tonnes de denrées alimentaires en raison des inefficacités post-récolte. Cela représente des pertes économiques estimées entre 3 500 et 5 000 milliards de nairas par an », a-t-il ajouté.
Selon lui, une réduction de seulement 20 % de ces pertes permettrait de récupérer des millions de tonnes de denrées et de réinjecter des milliers de milliards de nairas dans l’économie.
Il a également cité des études de la FAO indiquant que jusqu’à 50 % de la production agricole nigériane est perdue tout au long de la chaîne de valeur, de la récolte à la commercialisation.
« Le constat est simple : nous ne perdons pas de nourriture parce que nous n’en produisons pas assez, mais parce que nous ne la conservons pas correctement. Nous perdons de la valeur faute d’optimisation de la chaîne de valeur », a-t-il souligné.
Pour lui, la réduction des pertes post-récolte constitue à la fois une priorité agricole et un enjeu économique national.
« Si nous améliorons la préservation de la valeur ajoutée, nous garantissons la disponibilité alimentaire. Si nous optimisons la logistique, nous stabilisons les prix », a-t-il expliqué.
Enfin, il a insisté sur la nécessité de transformer le secteur agricole en un système intégré, connecté aux chaînes de stockage, de logistique, de transformation et d’exportation.
« Nous devons repenser l’agriculture au-delà de la simple production. Elle doit devenir attractive pour les investisseurs, évolutive et finançable », a-t-il conclu.
GIK/fss/ac/Sf/APA







