Le district d’Arbaete-Asmara, situé dans la région centrale de l’Érythrée, a été officiellement déclaré exempt de mutilations génitales féminines (MGF), a rapporté APA mardi.
L’annonce a été faite lundi à l’occasion d’une cérémonie dédiée à la lutte contre cette pratique, organisée sous le thème : « Non aux mutilations génitales féminines ». Le district érythréen d’Arbaete-Asmara est déclaré exempt de mutilations génitales féminines (MGF).
Selon les responsables du programme, cette avancée est le résultat d’efforts soutenus de sensibilisation menés par le ministère du Travail et des Affaires sociales, en collaboration avec les antennes locales de l’Union nationale des femmes érythréennes dans le centre du pays.
L’administratrice de la zone, Alganesh Tiku’e, a exhorté les habitants ainsi que les institutions à maintenir un engagement constant afin de préserver ces acquis sur le long terme.
D’après un rapport provenant de la région centrale, des initiatives similaires visant à éradiquer les mutilations génitales féminines sont en cours dans l’ensemble des districts de la région.
En Érythrée, l’excision est pratiquée pour diverses raisons d’ordre culturel, social et parfois religieux. Parmi les principales motivations figurent la préservation de la virginité, la prévention des relations sexuelles avant le mariage et la recherche d’acceptation sociale. Toutefois, l’adhésion religieuse à cette pratique a fortement reculé au cours de la dernière décennie, grâce à des campagnes de sensibilisation ciblant les leaders religieux, certains ayant désormais clairement dissocié les MGF des prescriptions religieuses.
Aujourd’hui, ces chefs religieux participent activement aux comités locaux au niveau des régions (zoba) et sous-régions, contribuant à la sensibilisation des communautés et à la promotion de l’abandon de cette pratique. Les mutilations sont encore majoritairement réalisées par des exciseuses traditionnelles.
Contrairement à certains pays voisins, comme le Soudan, où la médicalisation des MGF est plus répandue, les acteurs engagés dans la lutte en Érythrée indiquent que les professionnels de santé sont dissuadés d’y recourir, notamment en raison des sanctions pénales prévues, pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement.
À l’échelle mondiale, on estime qu’au moins 100 millions de femmes et de filles ont subi une forme de mutilations génitales féminines, et que 68 millions supplémentaires pourraient en être victimes d’ici 2030.
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