Le Fonds Chine-Afrique explore des projets en Tunisie, dans un climat d’investissement encore fragilisé.
L’intérêt manifesté par le Fonds de développement Chine-Afrique (CAD Fund) pour la Tunisie traduit une volonté renouvelée d’attirer des capitaux étrangers, même si la concrétisation de ces intentions reste tributaire d’un environnement économique encore en recomposition. Reçue mardi à l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII), une délégation de haut niveau du fonds chinois a examiné plusieurs opportunités d’investissement, selon un communiqué officiel de l’agence.
Cette démarche s’inscrit dans une période où les autorités tunisiennes mettent en avant des réformes destinées à renforcer l’attractivité du pays. Lors des échanges avec les représentants du CAD Fund, les responsables de l’APII ont souligné les incitations fiscales, les dispositifs d’accompagnement et les efforts entrepris pour fluidifier le climat des affaires. Des arguments régulièrement avancés, bien qu’ils peinent encore à se traduire par une dynamique soutenue d’investissements directs étrangers.
Dans le prolongement de ces discussions, la partie tunisienne a valorisé le positionnement géographique du pays, présenté comme une interface naturelle entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Ce levier, souvent mobilisé dans la stratégie d’attractivité, se heurte néanmoins à des contraintes structurelles, notamment logistiques et réglementaires, qui limitent l’exploitation pleine de cet avantage comparatif.
L’accent a également été mis sur le capital humain et les compétences développées dans les secteurs industriels et technologiques. Si ces atouts restent reconnus, leur valorisation dépend étroitement de la capacité à stabiliser le cadre macroéconomique et à offrir une visibilité suffisante aux investisseurs étrangers, un point régulièrement souligné par les institutions financières internationales.
À l’issue de la visite, le CAD Fund a exprimé un intérêt pour plusieurs projets, sans qu’aucun engagement chiffré ni calendrier précis n’ait été communiqué pour le moment. Créé en 2007 par la Banque de développement de Chine, ce fonds intervient dans des secteurs structurants tels que les infrastructures, l’agriculture ou les zones industrielles, avec pour objectif d’accompagner les entreprises chinoises sur le continent africain.
Ce signal s’inscrit dans la recherche par Tunis de nouveaux relais de financement, à un moment où la diversification des partenaires devient une priorité. Reste que, sans accélération tangible des réformes et clarification du cadre d’investissement, ces intentions risquent de rejoindre la longue liste de projets annoncés mais différés, dans un contexte régional où la concurrence pour les capitaux s’intensifie, notamment au profit de pays plus stables comme le Maroc ou l’Égypte.
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