Le Sommet d’investissement afro-caribéen AACIS’26, prévu du 23 au 28 mars à Abuja, ambitionne de structurer de nouveaux corridors économiques entre le Maroc, l’Afrique de l’Ouest et la Caraïbe.
Dans un contexte de recomposition des équilibres économiques mondiaux, le Sommet d’investissement afro-caribéen (AACIS’26), organisé par Aquarian Consult, se tiendra à Abuja du 23 au 28 mars 2026. L’événement entend créer une plateforme de coopération structurée entre acteurs africains et caribéens, avec un positionnement stratégique pour les entreprises marocaines engagées dans les dynamiques Sud-Sud. Longtemps orientés vers l’Europe, les échanges du Maghreb s’ouvrent désormais vers de nouveaux espaces de croissance situés à l’intersection de l’Afrique subsaharienne et de la Caraïbe.
L’initiative s’inscrit dans la continuité de la stratégie atlantique portée par le Royaume, visant à consolider son rôle de passerelle entre l’Afrique, les Amériques et l’espace atlantique élargi. Conçu comme un sommet à dimension opérationnelle, l’AACIS’26 réunira institutions publiques, acteurs financiers et entreprises autour de projets sectoriels concrets. Les organisateurs mettent en avant une approche orientée vers la mise en relation directe et la structuration d’opportunités d’investissement.
Parmi les partenaires annoncés figure Afreximbank, institution panafricaine spécialisée dans le financement et la sécurisation des échanges commerciaux intra-africains et extra-africains. Côté nigérian, le ministère fédéral de l’Agriculture ainsi que la Nigerian Investment Promotion Commission (NIPC) sont associés à l’événement. Leur implication ouvre des perspectives dans l’agriculture, l’agro-industrie, les intrants agricoles et les technologies associées, sur un marché national de plus de 200 millions d’habitants.
La dimension caribéenne constitue un autre axe structurant du sommet. Le Maroc dispose déjà d’une présence diplomatique active dans la région, notamment à travers la mission conjointe de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECS) à Rabat. L’AACIS’26 ambitionne d’étendre cette dynamique au champ économique en facilitant les échanges avec des États comme la Grenade ou Saint-Kitts-et-Nevis, autour de secteurs tels que le tourisme durable, l’agriculture résiliente au climat, les énergies renouvelables et l’économie bleue, en lien avec des partenaires internationaux dont le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Sur le plan sectoriel, l’agriculture et la souveraineté alimentaire figurent parmi les priorités, avec la valorisation du savoir-faire marocain en irrigation, fertilisation et gestion des ressources hydriques. La finance, la logistique et les infrastructures sont également ciblées, dans la perspective d’articuler le hub financier de Casablanca aux corridors commerciaux émergents d’Afrique de l’Ouest et de la Caraïbe. Les industries culturelles et créatives complètent ce dispositif, avec des perspectives de coproduction et d’échanges renforcés.
Le potentiel des échanges économiques entre le Maroc et le Nigéria, estimé à près de 10 milliards de dollars, illustre l’ampleur des marges de progression offertes par ces nouveaux axes Sud-Sud. À ce titre, l’AACIS’26 se positionne comme un espace de dialogue stratégique et de projection économique, à la croisée des ambitions atlantiques et des dynamiques africaines élargies.
MK/Sf/APA







